"Khalid al-Falih a été relevé de ses fonctions. Son altesse royale le prince Abdulaziz ben Salmane est nommé ministre de l'Energie", a indiqué l'agence officielle Saudi Press Agency. Le prince Abdulaziz est le fils du roi Salmane et le frère de l'ambitieux prince héritier Mohammed ben Salmane. Le limogeage M. al-Falih à la tête du ministère de l'Energie d'Arabie saoudite, poids lourd de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), survient quelques jours après son remplacement au poste de président du géant pétrolier public Aramco qui prépare son introduction en Bourse. M. al-Falih avait également vu ses compétences réduites au sein du gouvernement en perdant un des portefeuilles attachés à son ministère, celui de l'Industrie et des Ressources minières. Les analystes avaient vu dans cette mise à l'écart le signe d'un mécontentement au sein du pouvoir saoudien quant aux cours actuels du pétrole, jugés trop bas pour permettre une entrée en Bourse d'Aramco dans des conditions optimales. Aramco a fait savoir qu'il comptait vendre jusqu'à 5% de ses parts sur les marchés financiers, mais seulement au "bon moment", évoquant une introduction entre la fin 2020 et le début 2021. Il devrait alors s'agir de la plus grande vente mondiale d'actions. Cette opération entre dans le cadre d'un plan de réforme initié par le prince héritier Mohammed ben Salmane visant à permettre à l'Arabie saoudite d'engranger quelque 100 milliards de dollars (plus de 90 milliards d'euros). Initialement prévue en 2018, l'entrée en Bourse d'Aramco a été repoussée en raison de conditions de marché défavorables. Le groupe a annoncé en août un bénéfice de 46,9 milliards de dollars (42,8 milliards d'euros), en baisse de 12% au premier semestre, lors d'un exercice de communication rarissime pour cette entreprise extrêmement secrète. (Belga)