Lors d'une audition au Sénat sur la politique iranienne, l'opposition démocrate a accusé le président républicain d'avoir, en retirant toutes les forces américaines du nord de la Syrie, permis à la République islamique de renforcer son influence dans ce pays. Cela "donne les clés de notre sécurité nationale" au président russe Vladimir poutine, à l'Iran et au régime syrien de Bachar al-Assad, a lancé le chef de file des sénateurs démocrates au sein de la commission des Affaires étrangères, Bob Menendez. Il a estimé que les forces soutenues par Téhéran remplissaient "le vide" laissé par le départ des Américains. "La décision du président au sujet de la Syrie ne va pas changer notre stratégie iranienne ni son efficacité", a répondu Brian Hook. Selon lui, cet effort est avant tout diplomatique, et ne nécessite pas une présence militaire américaine sur le terrain syrien. "Nos forces dans le nord-est de la Syrie n'ont jamais eu une mission concernant l'Iran", a-t-il estimé. "Notre pression sur l'Iran menace sa posture en Syrie" en "privant les Gardiens de la révolution", armée d'élite de la République islamique, et son allié libanais du Hezbollah "de leurs fonds opérationnels", a-t-il expliqué. "Notre pression complique la possibilité pour l'Iran de financer Assad", a-t-il ajouté. L'Iran est l'ennemi numéro un de l'administration Trump, qui avait clairement affirmé que le départ de toutes les forces iraniennes ou milices dirigées par Téhéran était un des objectifs principaux de sa politique en Syrie. Donald Trump est plus globalement accusé, y compris par son camp républicain, d'avoir donné un feu vert de facto à l'offensive en cours de la Turquie contre une milice kurde en Syrie en retirant les soldats américains. Lundi, un haut responsable américain avait reconnu, sous couvert de l'anonymat, que cette opération militaire turque avait "porté atteinte" aux objectifs de la politique syrienne des Etats-Unis, y compris "la nécessité d'endiguer et chasser l'Iran". (Belga)