"Il existe un projet (...) visant à déployer une force internationale dans la zone de sécurité. Nous le réclamons et l'acceptons", a affirmé Mazloum Abdi à des journalistes dans la ville de Qamichli (nord-est). "Le projet est toujours en cours de discussion et aura besoin de l'appui des Etats-Unis et de la Russie", a estimé M. Abdi dont les forces sont dominées par les combattants kurdes. Il devait être discuté jeudi lors d'une réunion ministérielle de l'OTAN à Bruxelles. Moscou a annoncé cette semaine avoir conclu un accord avec Ankara prévoyant des patrouilles conjointes des armées russe et syrienne pour "faciliter" le retrait des combattants kurdes de cette zone. La Turquie, qui avait mené une offensive de plusieurs jours contre les forces kurdes syriennes, exige une "zone de sécurité" de 32 km de profondeur dans le nord syrien, dont la mise en place a fait l'objet d'accords séparés conclus par Ankara avec Washington et avec Moscou. La chancelière allemande Angela Merkel avait soutenu mardi l'idée d'une zone de protection internationale dans le nord de la Syrie, tout en reconnaissant que "de nombreuses questions" restaient "encore ouvertes". La ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a critiqué la Turquie, l'accusant d'"annexer un territoire en violation du droit international" et d'"expulser des populations" du nord syrien. L'accord russo-turc contrarie son idée de créer, sous l'égide de l'ONU, une zone de protection internationale dans le nord de la Syrie. Elle veut "voir si cet objectif est réalisable", a-t-elle déclaré. Mais la faisabilité de sa proposition est mise en doute, car elle suppose l'envoi de troupes, ce que l'Allemagne n'est pas prête à accepter, ont fait valoir plusieurs diplomates. (Belga)