"Il y a des vues différentes", a reconnu le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, qui s'est toutefois refusé à condamner l'opération Source de Paix lancée par Ankara le 9 octobre dans le nord-est de la Syrie en vue d'y créer une "zone de sécurité". Il a également fait état devant la presse de "discussions ouvertes et franches entre amis et alliés". Le ministre belge de la Défense - et des Affaires étrangères -, Didier Reynders, a abondé dans le même sens, en parlant de "divergences profondes", principalement entre les alliés européens et la Turquie. Mais "on peut se parler franchement" au sein d'une alliance comme l'Otan, a-t-il précisé à l'agence Belga à l'issue de la première journée de ce qui sera sans doute l'une de ses dernières réunions ministérielles de l'Otan. Les chefs de la diplomatie des pays de l'Union européenne avaient condamné l'offensive turque lors de leur dernière réunion, le 14 octobre à Luxembourg mais sans décider d'embargo sur les armes à destination d'Ankara. Comme M. Stoltenberg, le ministre belge des Affaires étrangères a dit comprendre les préoccupations sécuritaires de la Turquie, le seul pays de l'Otan à partager une frontière avec la Syrie. Il a aussi salué le rôle joué par Ankara dans le cadre de la coalition dirigée par les Etats-Unis qui a permis de défaire le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Mais M. Reynders a plaidé en faveur d'une solution politique à la crise syrienne, en cours depuis 2011, sous l'égide des Nations unies. (Belga)