"Notre communauté saigne. Nous souffrons et crions à l'aide depuis un an", a lancé l'élue démocrate de la Chambre des représentants Grace Meng. "La discrimination anti-Américains d'origine asiatique n'est, toutefois, pas nouvelle dans ce pays", a-t-elle lâché. L'audition était déjà prévue lorsque Robert Aaron Long, 21 ans, a ouvert le feu mardi soir dans trois établissements asiatiques d'Atlanta et ses environs, faisant huit morts dont six femmes d'origine asiatique. S'il a nié tout mobile raciste, se présentant comme un "obsédé sexuel" désireux de supprimer "une tentation", les tueries ont mis en lumière le racisme anti-Asiatiques aux Etats-Unis, et les émotions étaient à vif jeudi au Capitole, siège du Congrès. Les parlementaires démocrates ont accusé Donald Trump d'avoir accentué, lorsqu'il était président, les tensions pendant la pandémie en parlant de "virus chinois". Tout en déplorant la tragédie d'Atlanta, un élu républicain a répliqué en défendant le droit à la liberté d'expression et en critiquant les dirigeants chinois. La voix de Grace Meng s'est brisée sous l'effet de la colère et de l'émotion lorsqu'elle lui a répondu: "Votre président, votre parti, et vos collègues, vous pouvez parler des problèmes que vous avez avec d'autres pays, mais vous n'avez pas besoin de mettre une cible dans le dos des Américains d'origine asiatique, sur nos grands-parents, nos enfants." "Dès les débuts de la pandémie, nous avons entendu un discours constamment hostile envers la communauté AAPI", sigle désignant les Américains d'origine asiatique et des îles du Pacifique, "y compris venant de dirigeants au plus haut niveau du gouvernement", a renchéri une autre démocrate, Doris Matsui. Agée de 76 ans, cette parlementaire de la Chambre a confié sa propre expérience pour affirmer que les Etats-Unis faisaient face à un "problème systémique". Après l'attaque de Pearl Harbor, plus de 120.000 civils d'origine japonaise avaient été internés aux Etats-Unis, sans aucune forme de procès. Ces camps avaient été autorisés par un décret du président Franklin D. Roosevelt, signé le 19 février 1942. "Mes parents et mes grands-parents furent parmi les 120.000 forcés de quitter leurs maisons et entreprises. Ils ont été envoyés par leur propre gouvernement, notre gouvernement, dans un camp à Poston, dans l'Arizona", a raconté Doris Matsui. "Ils vivaient dans des conditions déplorables, derrière des barbelés, des gardes armés sur des tours, incarcérés seulement à cause de leurs origines", a-t-elle dit. Depuis le bain de sang d'Atlanta, "nous avons entendu beaucoup de gens décrire les violences et discriminations anti-Asiatiques comme contraires aux valeurs américaines", a déclaré Erika Lee, professeure d'histoire américano-asiatique à l'université du Minnesota, invitée par les démocrates à témoigner. Avant d'égrener une litanie des violences contre cette communauté, elle a affirmé: "Malheureusement, elles sont profondément américaines". (Belga)

"Notre communauté saigne. Nous souffrons et crions à l'aide depuis un an", a lancé l'élue démocrate de la Chambre des représentants Grace Meng. "La discrimination anti-Américains d'origine asiatique n'est, toutefois, pas nouvelle dans ce pays", a-t-elle lâché. L'audition était déjà prévue lorsque Robert Aaron Long, 21 ans, a ouvert le feu mardi soir dans trois établissements asiatiques d'Atlanta et ses environs, faisant huit morts dont six femmes d'origine asiatique. S'il a nié tout mobile raciste, se présentant comme un "obsédé sexuel" désireux de supprimer "une tentation", les tueries ont mis en lumière le racisme anti-Asiatiques aux Etats-Unis, et les émotions étaient à vif jeudi au Capitole, siège du Congrès. Les parlementaires démocrates ont accusé Donald Trump d'avoir accentué, lorsqu'il était président, les tensions pendant la pandémie en parlant de "virus chinois". Tout en déplorant la tragédie d'Atlanta, un élu républicain a répliqué en défendant le droit à la liberté d'expression et en critiquant les dirigeants chinois. La voix de Grace Meng s'est brisée sous l'effet de la colère et de l'émotion lorsqu'elle lui a répondu: "Votre président, votre parti, et vos collègues, vous pouvez parler des problèmes que vous avez avec d'autres pays, mais vous n'avez pas besoin de mettre une cible dans le dos des Américains d'origine asiatique, sur nos grands-parents, nos enfants." "Dès les débuts de la pandémie, nous avons entendu un discours constamment hostile envers la communauté AAPI", sigle désignant les Américains d'origine asiatique et des îles du Pacifique, "y compris venant de dirigeants au plus haut niveau du gouvernement", a renchéri une autre démocrate, Doris Matsui. Agée de 76 ans, cette parlementaire de la Chambre a confié sa propre expérience pour affirmer que les Etats-Unis faisaient face à un "problème systémique". Après l'attaque de Pearl Harbor, plus de 120.000 civils d'origine japonaise avaient été internés aux Etats-Unis, sans aucune forme de procès. Ces camps avaient été autorisés par un décret du président Franklin D. Roosevelt, signé le 19 février 1942. "Mes parents et mes grands-parents furent parmi les 120.000 forcés de quitter leurs maisons et entreprises. Ils ont été envoyés par leur propre gouvernement, notre gouvernement, dans un camp à Poston, dans l'Arizona", a raconté Doris Matsui. "Ils vivaient dans des conditions déplorables, derrière des barbelés, des gardes armés sur des tours, incarcérés seulement à cause de leurs origines", a-t-elle dit. Depuis le bain de sang d'Atlanta, "nous avons entendu beaucoup de gens décrire les violences et discriminations anti-Asiatiques comme contraires aux valeurs américaines", a déclaré Erika Lee, professeure d'histoire américano-asiatique à l'université du Minnesota, invitée par les démocrates à témoigner. Avant d'égrener une litanie des violences contre cette communauté, elle a affirmé: "Malheureusement, elles sont profondément américaines". (Belga)