"L'émotion légitime suscitée par l'incendie de Notre-Dame de Paris rappelle le poids et l'importance de la chrétienté dans notre culture et l'Histoire. Rappel à tous ceux qui ne veulent admettre ces racines fortes, comme lors du rejet du préambule de la constitution européenne", a lancé mardi M. Bouchez.

Les racines chrétiennes de l'Europe ont suscité un large débat en 2004. A l'époque, l'Europe débattait d'un projet de Constitution, qui sera rejeté, et certains voulaient y inclure une référence à Dieu ou à tout le moins aux racines chrétiennes du continent. Parmi ces États, il y avait la Pologne, l'Italie, le Portugal et la Tchéquie. Plusieurs institutions religieuses les soutenaient, dont le Saint-Siège et les Églises protestantes. L'un des enjeux était alors l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Parmi les détracteurs de cette référence, l'on comptait la Belgique emmenée par le libéral Guy Verhofstadt et la France dirigée par Jacques Chirac.

L'ex-présidente du Sénat, figure de proue du courant laïc au sein du MR, n'a pas goûté la sortie de son collègue. "Cher ami, ce qui est inquiétant c'est de faire l'amalgame entre la tragédie de Notre-Dame et le débat sur l'article 52 (seo) de la Constitution Européenne et de faire mine de croire ou de faire croire que c'était un débat purement culturel", a tweeté Mme Defraigne avant de rappeler l'importance qu'attachait son parti à la séparation des Églises et de l'État.

Quelle est dès lors la position officielle du MR sur cette question des "racines chrétiennes" ou de l'"héritage chrétien"? A lire le directeur du centre d'études, Corentin de Salle, il n'y en a pas. Le philosophe relativise d'ailleurs la polémique. M. Bouchez voulait surtout mettre en avant l'attachement de la population à l'héritage culturel de la chrétienté, qu'ils soient croyants ou non, estime-t-il. Et de faire remarquer qu'au début des années 1960, l'une des grandes personnalités du libéralisme belge, Omer Vanaudenhove, avait ouvert le parti aux chrétiens en fondant le Parti de la Liberté et du Progrès (PLP).