D'après les statistiques de la CREG, quelque 360.000 ménages déboursent chaque année plus de 600 euros de trop pour leur énergie. Ce surcoût atteint 3.450 euros par an pour près de 20.000 PME.
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D'après les statistiques de la CREG, quelque 360.000 ménages déboursent chaque année plus de 600 euros de trop pour leur énergie. Ce surcoût atteint 3.450 euros par an pour près de 20.000 PME. Tant pour le gaz que pour l'électricité, il existe une grande différence entre les contrats les plus chers et les moins chers du marché. Cette différence est de 300 euros pour l'électricité et de plus de 800 euros pour le gaz, chaque fois sur une base annuelle.Non seulement il y a une grande différence entre les fournisseurs, mais aussi au sein de l'offre d'un fournisseur, le prix peut varier considérablement. Les contrats les plus chers sont les contrats dits "dormants". Il s'agit de contrats qui ont déjà été conclus, dont la durée est expirée, mais dont les prix ont été maintenus malgré la chute sur les marchés de l'électricité et du gaz, qui peut être plus ou moins importante selon les périodes de facturation. On peut comparer cela aux crédits hypothécaires, si les taux d'intérêt chutent, il vaut mieux renégocier son contrat.Le message de la CREG n'est pas neuf : faire jouer la concurrence est essentiel pour réduire sa facture de gaz ou d'électricité. La Commission de régulation de l'électricité et du gaz incite ainsi les nombreux ménages belges qui paient trop cher leur énergie à comparer les différents tarifs en vigueur sur le marché. Avec des économies assez importantes à la clé. Le potentiel d'économies peut atteindre 300 euros pour l'électricité et jusque 800 euros pour le gaz. Bon à savoir : changer de contrat et faire baisser sa facture est tout à fait possible en restant chez le même fournisseur. Ce que les Belges ne prennent pourtant par le temps de faire. Plus de 600.000 familles et 70.000 PME n'ont en effet pas modifié leur contrat énergétique ces dernières années. "Cependant, ils peuvent le faire avec un préavis d'un mois sans compensation ", explique Laurent Jacquet. Ceux qui modifient leur contrat ne choisissent pas toujours l'option la moins chère. 50 à 60% des ménages ont ainsi choisi les dix produits les plus onéreux.Afin d'inciter ces personnes à opter pour une facture d'électricité ou de gaz moins chère, la CREG a mis en place depuis deux ans l'outil de comparaison CREG Scan. Grâce à cet outil facile d'utilisation, chacun peut comparer sa facture au reste du marché. Cette année encore, la CREG a étendu son analyse. L'outil comparatif couvre désormais 100% des contrats et comprend aussi les achats groupés, qui sont utilisés par 330 000 ménages, ainsi que les coopératives, utilisées par près de 70 000 ménages. En quelques clics, le consommateur peut comparer plus de 13.000 contrats actifs et dormants.De plus, la différence entre les prix fixes (un montant prédéterminé pour toute la durée) et les prix variables (le prix de l'énergie suit l'évolution du marché) est également incluse dans l'analyse. "Quand on compare un prix variable et un prix fixe, le prix fixe est toujours un petit plus élevé ", avance Laurent Jacquet, de la Creg. "Parce qu'il y a un risque pour le fournisseur de voir le prix augmenter par rapport au prix de la souscription du contrat, alors il va compenser le fait qu'il ne peut pas vous répercuter cette hausse", poursuit-il interrogé récemment par la RTBF.Changer de fournisseur reste donc très simple et rapide et il n'y a, en principe, pas d'indemnités de sortie. Un élément est toutefois à prendre en compte lors de changement de fournisseur : la redevance fixe. Cette redevance sert à couvrir les frais administratifs et peut varier de 0 à 120 euros. Chez certains fournisseurs, cette redevance se paie au prorata de la durée du contrat (s'il est rompu après 6 mois, la moitié est due). Mais d'autres fournisseurs appliquent le tarif maximal. Il est donc important de bien lire les conditions générales. D'autres outils peuvent aussi être utiles. Pour aider les consommateurs dans cette démarche de réduction des coûts énergétiques, trois Anversois ont créé June. La start up lancée en 2017 s'est fixée pour objectif de trouver le fournisseur et l'offre idéaux pour chaque consommateur afin de réduire sa facture énergétique de plusieurs centaines d'euros. "On analyse la consommation en apposant un boîtier que l'on a conçu sur le compteur. Il prend régulièrement une photo de la consommation et l'enregistre. L'analyse des résultats nous permet alors de trouver l'offre idéale correspondant aux habitudes de chacun ", expliquait lors de son lancement Georges Lieben, l'un des trois fondateurs, à notre magazine confrère Trends Tendances. Et le service ( à partir de 4,99 euros par mois, remboursable si la facture n'est pas réduite), ne s'arrête pas là, l'entreprise se charge ensuite d'effectuer le changement de fournisseur pour le client.