Nivelles a un passé industriel conséquent et en garde des vestiges parfois encombrants. Et pollués. Que ce soit les ateliers de construction de wagons de chemins de fer La Brugeoise, le site de l'ancienne papeterie Arjo Wiggins, celui des Ateliers métallurgiques Chantrenne, ou le site de l'ex-brasserie Duvieusart, mère de la mythique bière locale L'Archiduc, tous ont été durant des années les points noirs mouchetant le visage d'une Nivelles tournée vers l'avenir. Aujourd'hui, tous ces chancres tendent à disparaître grâce à la philosophie imposée par la ville en réponse à la pression démographique nécessitant des nouveaux logements et aux promoteurs désireux de les construire.
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Nivelles a un passé industriel conséquent et en garde des vestiges parfois encombrants. Et pollués. Que ce soit les ateliers de construction de wagons de chemins de fer La Brugeoise, le site de l'ancienne papeterie Arjo Wiggins, celui des Ateliers métallurgiques Chantrenne, ou le site de l'ex-brasserie Duvieusart, mère de la mythique bière locale L'Archiduc, tous ont été durant des années les points noirs mouchetant le visage d'une Nivelles tournée vers l'avenir. Aujourd'hui, tous ces chancres tendent à disparaître grâce à la philosophie imposée par la ville en réponse à la pression démographique nécessitant des nouveaux logements et aux promoteurs désireux de les construire. " Notre philosophie tient en une phrase ", résume le bourgmestre : " Promoteurs, vous pouvez investir sur le territoire de Nivelles mais uniquement sur des sites économiques désaffectés après avoir pris en charge leur assainissement et leur démolition/rénovation. Pas question d'utiliser les réserves foncières autres que celles-là. Dans ce sens, la nouvelle déclaration de politique communale stipule clairement que les zones d'aménagement communales concertées (ZAC) sont gelées pour éviter l'extension de la ville. " De cette logique découleront dans un proche avenir les 1 250 logements du complexe du Val de Thines ou le parc de 210 logements Immobel de l'Ilot St-Roch. Plus modeste, l'ensemble de 60 appartements des Résidences Duvieusart se termine au sud de Nivelles sous la houlette de la société Sotraba. Ce chantier emblématique a essuyé les plâtres de la nouvelle logique avant même qu'elle soit coulée dans le béton de la politique urbanistique actuelle. La brasserie Duvieusart a été un phare du patrimoine aclot jusqu'à ce que ses installations soient ravagées par un incendie en 1955. S'ensuivra plus d'un demi-siècle d'abandon du site dont n'a survécu que le haut et fier bâtiment principal de la brasserie. Racheté en 1988, ce n'est que 30 ans plus tard que le site renaît en complexe d'appartements composés de deux corps de logis répartis de part et d'autre d'une nouvelle rue baptisée " de l'Archiduc ", du nom de la bière vedette de Nivelles. Bruno Mernier, directeur de l'entreprise de construction Sotraba nous fait la visite. A gauche de la rue, le bâtiment originel rescapé a profité d'une solide et minutieuse rénovation qui lui a préservé toutes ses formes et sa structure. La haute bâtisse abritait les quatre cuves de fermentation au rez-de-chaussée surmontées des immenses silos d'orge et autres ingrédients nécessaires à la fabrication, et qui montaient jusqu'au toit. " Dans ces silos verticaux, on a retrouvé des masses colossales de ferraillages. Sachant qu'on devait garder l'enveloppe, la structure porteuse et les formes caractéristiques du bâtiment d'origine, on a dû travailler à la petite cuiller pour retirer ces tonnes de métaux et démolir minutieusement ce qui devait l'être. Cela a pesé sur le timing des travaux ", explique notre guide. Aujourd'hui, le bâtiment est étagé en six spacieux appartements avec, au sommet, un luxueux triplex avec vue imprenable sur Nivelles. Côté droit de la nouvelle rue, en l'absence de bâtis d'origine effacés par les années, Sotraba a tout construit à 100 %. Mais pour être en harmonie avec la morphologie de la brasserie, référent urbanistique, les nouvelles façades ont des reliefs bombés façon cuves. Des 53 appartements, seize sont déjà habités et 80 % de l'ensemble ont déjà été vendus. Deux commerces et une crèche complèteront l'ensemble. Oui, une crèche. Car en plus de tout réhabiliter, chaque promoteur doit s'acquitter de charges d'urbanisme dont la nature est fixée par la commune en fonction des besoins de la communauté environnante. Par Fernand Letist.