Sa plainte vise entre autres Didier Reynders. En avril dernier, Nicolas Ullens de Schooten avait accusé le ministre de corruption et de blanchiment mais sa plainte a été classée sans suite par le parquet de Bruxelles vendredi.

Nicolas Ullens de Schooten, assisté de son avocat Me Alexis Deswaef, a déposé plainte lundi du chef de menaces de mort et de harcèlement subis dans le cadre de dossiers de corruption, de blanchiment d'argent et de criminalité organisée en Belgique et à l'étranger, impliquant de hauts responsables de l'Etat belge, entre autres le ministre Didier Reynders et des conseillers de celui-ci.

Dans sa plainte, l'ancien agent des services de renseignements déclare notamment qu'il a "très rapidement fait l'objet d'un véritable harcèlement de proches du ministre Reynders pour faire cesser l'enquête dans le dossier du 'kazakhgate' ou même la faire échouer".

Le plaignant déclare également avoir "été gravement menacé par le chef du service 'Enquêtes' du Comité R (comité de contrôle des services de renseignements, NDLR), lorsqu'il a décidé, en 2015, de dénoncer les pressions subies au cours de ses enquêtes sur le 'kazakhgate' mais aussi sur les 'fonds libyens'".

Vendredi dernier, le parquet de Bruxelles a décidé de classer sans suite une première plainte déposée par Nicolas Ullens de Schooten contre Didier Reynders pour corruption et blanchiment.

L'ancien inspecteur de la Sûreté de l'Etat accusait le ministre, actuellement candidat à un poste de commissaire européen, d'avoir versé des pots de vin à l'occasion de missions et d'achats publics.

"Ce classement sans suite soudain, à trois jours de l'audition de Monsieur Reynders au Parlement européen, a de quoi surprendre. Nous craignons que les devoirs d'enquête élémentaires dans ce dossier de corruption et blanchiment n'aient pas été effectués, tels qu'une enquête patrimoniale qui aurait permis de fermer des portes, ou au contraire d'en ouvrir et poursuivre l'enquête", a déclaré lundi Me Deswaef.

"J'avais informé le procureur que mon client avait encore d'autres documents à l'appui de sa dénonciation et qu'il se tenait disponible pour être entendu par le substitut du procureur en charge du dossier. Le classement sans suite est donc très étonnant", a-t-il ajouté.

Lundi matin, le parquet de Bruxelles a rappelé que la justice était indépendante du pouvoir politique. "La décision du classement sans suite a été prise en toute indépendance et sans tenir compte du timing des auditions de monsieur Reynders au Parlement européen", a assuré Stéphanie Lagasse, porte-parole du parquet de Bruxelles.