Depuis fin avril dernier, la police judiciaire fédérale de Liège enquête sur les rémunérations souvent astronomiques des top managers de Nethys. Cette information judiciaire a été ouverte par le procureur général Christian De Valkeneer à la suite d'une série d'articles de presse révélant les émoluments de plusieurs membres de la direction du groupe Nethys, dont le big boss du groupe, Stéphane Moreau. Avec ses 840 000 euros brut (deux tiers fixe, un tiers de bonus variable) amassés en 2015, rien qu'en tant que CEO de Nethys - hors assurance-groupe et autres avantages divers -, l'ex-socialiste ansois symbolise à lui seul ces " rémunérations anormale...

Depuis fin avril dernier, la police judiciaire fédérale de Liège enquête sur les rémunérations souvent astronomiques des top managers de Nethys. Cette information judiciaire a été ouverte par le procureur général Christian De Valkeneer à la suite d'une série d'articles de presse révélant les émoluments de plusieurs membres de la direction du groupe Nethys, dont le big boss du groupe, Stéphane Moreau. Avec ses 840 000 euros brut (deux tiers fixe, un tiers de bonus variable) amassés en 2015, rien qu'en tant que CEO de Nethys - hors assurance-groupe et autres avantages divers -, l'ex-socialiste ansois symbolise à lui seul ces " rémunérations anormalement élevées " pointées par la commission d'enquête Publifin. Qui croit y voir de l'" abus de biens sociaux ", de la " prise d'intérêt " ou de l'" abus de confiance ". Mais les émoluments de Stéphane Moreau sont l'arbre qui cache la forêt. La rémunération fixe moyenne de la trentaine de dirigeants du groupe Nethys est de 270 000 euros brut par an. Hors bonus (qui peut atteindre 50 % du fixe), hors assurance-groupe et hors avantages divers. Au total, c'est nettement plus que le salaire du Premier ministre, et ça explose le plafond annuel de 245 000 euros fixé par la Région pour les dirigeants des entreprises publiques wallonnes. Pour l'heure, l'enquête judiciaire vise à vérifier si les décisions d'octroyer certains de ces " top salaires " ne s'apparenteraient pas à des " abus de biens sociaux " réalisés par Nethys au détriment de Publifin. Et donc de la Province de Liège et des 76 communes actionnaires de l'intercommunale au moment des faits. En effet, il ressort des travaux de la commission d'enquête parlementaire que les administrateurs de Publifin - les représentants des actionnaires - n'avaient aucun moyen de connaître les rémunérations des dirigeants car ils ne contrôlaient pas Nethys directement. Depuis 2012, entre Publifin et Nethys, " on " a interposé un coupe-circuit nommé Finanpart. Jusqu'au 22 août dernier, trois top managers de Nethys - Pol Heyse, Gil Simon et Bénédicte Bayer - administraient seuls ce verrou de Nethys. Les auditions des administrateurs de Publifin nommés en juin 2013 devraient confirmer leur incapacité totale à contrôler Nethys. La justice s'intéresse aussi à une seconde société écran pilotée par certains (ex-)administrateurs de Nethys : AGM - pour Diego Aquilina, Luc Gaspard et Pierre Meyers. C'est elle qui, pour éviter toute fuite interne chez Nethys, reçoit 500 000 euros tous les mois pour payer la trentaine de salaires confidentiels du topmanagementdu groupe. Sa comptabilité ne devrait pas manquer d'être passée au peigne fin par les enquêteurs. Mais jusqu'où iront-ils ? La commission d'enquête a épinglé des bonus annuels très élevés accordés " sans objectifs chiffrés et individualisés au préalable " ; un bonus à long terme " qui semble pouvoir être octroyé sur une base discrétionnaire " ; des " augmentations très importantes de rémunérations avec effet rétroactif de plusieurs années " accordées en juin 2012 à certains membres du comité de direction " et ce, la veille du transfert de leur contrat " à Nethys ; et le paiement par Nethys de toutes les cotisations sociales dues par Stéphane Moreau depuis 2007. Et, bien sûr, de son double parachute doré.