La Cour suprême avait démis lundi le Premier ministre communiste Khadga Prasad Sharma Oli, au pouvoir depuis 2018, rejetant sa dernière tentative pour dissoudre le Parlement. La Cour avait déjà rétabli une première fois le Parlement qu'avait dissous en décembre M. Oli, âgé de 69 ans. "Au nom de Dieu, du pays et du peuple, je m'engage à être dévoué et honnête envers la nation pour accomplir mon devoir en tant que Premier ministre", a déclaré M. Deuba, 74 ans. M. Deuba, qui dirige le Congrès népalais (social-démocrate), s'est dit assuré du soutien de 149 des 275 membres de la chambre basse du Parlement, dont des dissidents du parti de M. Oli. Il doit encore obtenir la confiance des députés d'ici un mois pour pouvoir être confirmé à son poste. Selon l'analyste politique Lok Raj Baral, M. Deuba pourrait avoir des difficultés à trouver les soutiens nécessaires. "S'il ne parvient pas à réunir une majorité, il peut convoquer de nouvelles élections et continuer à diriger le gouvernement pour les organiser", a ajouté l'analyste. M. Oli avait obtenu une majorité des deux tiers lors de son arrivée au pouvoir en 2018, suscitant des espoirs de stabilité politique pour ce pays dévasté par un tremblement de terre en 2015 et qui a connu des années de gouvernements éphémères après une décennie de sanglante guerre civile achevée en 2006. M. Deuba a été Premier ministre du Népal à quatre reprises entre 1995 et 2018, y compris durant l'insurrection maoïste. Des astrologues lui auraient prédit qu'il serait sept fois Premier ministre. Il a grimpé dans les rangs de l'aile étudiante de son parti quand son pays était une monarchie absolue et connu à l'époque la prison et la torture, dont il aurait hérité son défaut de prononciation. Selon Sudheer Sharma, rédacteur en chef du quotidien Kantipur, "les attentes ne sont pas élevées" pour ce nouveau poste de M. Deuba. "Nous l'avons vu au pouvoir de nombreuses fois et nous connaissons son style (...). Ce n'est pas un acteur de changement ou quelqu'un qui fait de grands pas en avant". "Mais je pense qu'il n'attaquera pas les droits fondamentaux du peuple et ne piétinera pas la Constitution comme son prédécesseur", ajoute-t-il. Les coalitions n'ont jamais été stables au Népal, relève l'analyste politique Shyam Shresta, estimant que M. Deuba aura fort à faire pour satisfaire tous ses partenaires. "Il devra également relancer l'économie handicapée par la pandémie et mettre en place les instruments publics pour lutter contre une possible troisième vague". (Belga)

La Cour suprême avait démis lundi le Premier ministre communiste Khadga Prasad Sharma Oli, au pouvoir depuis 2018, rejetant sa dernière tentative pour dissoudre le Parlement. La Cour avait déjà rétabli une première fois le Parlement qu'avait dissous en décembre M. Oli, âgé de 69 ans. "Au nom de Dieu, du pays et du peuple, je m'engage à être dévoué et honnête envers la nation pour accomplir mon devoir en tant que Premier ministre", a déclaré M. Deuba, 74 ans. M. Deuba, qui dirige le Congrès népalais (social-démocrate), s'est dit assuré du soutien de 149 des 275 membres de la chambre basse du Parlement, dont des dissidents du parti de M. Oli. Il doit encore obtenir la confiance des députés d'ici un mois pour pouvoir être confirmé à son poste. Selon l'analyste politique Lok Raj Baral, M. Deuba pourrait avoir des difficultés à trouver les soutiens nécessaires. "S'il ne parvient pas à réunir une majorité, il peut convoquer de nouvelles élections et continuer à diriger le gouvernement pour les organiser", a ajouté l'analyste. M. Oli avait obtenu une majorité des deux tiers lors de son arrivée au pouvoir en 2018, suscitant des espoirs de stabilité politique pour ce pays dévasté par un tremblement de terre en 2015 et qui a connu des années de gouvernements éphémères après une décennie de sanglante guerre civile achevée en 2006. M. Deuba a été Premier ministre du Népal à quatre reprises entre 1995 et 2018, y compris durant l'insurrection maoïste. Des astrologues lui auraient prédit qu'il serait sept fois Premier ministre. Il a grimpé dans les rangs de l'aile étudiante de son parti quand son pays était une monarchie absolue et connu à l'époque la prison et la torture, dont il aurait hérité son défaut de prononciation. Selon Sudheer Sharma, rédacteur en chef du quotidien Kantipur, "les attentes ne sont pas élevées" pour ce nouveau poste de M. Deuba. "Nous l'avons vu au pouvoir de nombreuses fois et nous connaissons son style (...). Ce n'est pas un acteur de changement ou quelqu'un qui fait de grands pas en avant". "Mais je pense qu'il n'attaquera pas les droits fondamentaux du peuple et ne piétinera pas la Constitution comme son prédécesseur", ajoute-t-il. Les coalitions n'ont jamais été stables au Népal, relève l'analyste politique Shyam Shresta, estimant que M. Deuba aura fort à faire pour satisfaire tous ses partenaires. "Il devra également relancer l'économie handicapée par la pandémie et mettre en place les instruments publics pour lutter contre une possible troisième vague". (Belga)