Le procureur a entamé, dans son réquisitoire, un long passage sur la question de la corréité, soit le fait d'être co-auteur d'une infraction, et la différence entre cette notion et la complicité. Le code pénal indique que doivent aussi être sanctionnés ceux qui ont apporté une aide à l'auteur matériel d'un fait, a souligné Yves Moreau. Cette aide peut être importante. Dans ce cas, on estime que le co-auteur a commis une faute aussi grave et il encourt dès lors la même peine. Si l'aide est en revanche accessoire, le complice n'encourt que la peine immédiatement inférieure, a détaillé le procureur. "Dans le cas de Mehdi Nemmouche, c'est évident, limpide, il est l'auteur de la tuerie. Nacer Bendrer, c'est plus nuancé. On lui reproche d'avoir fourni des armes, et uniquement cela", a affirmé M. Moreau. Le Marseillais avait été inculpé par la juge d'instruction pour complicité, mais il a finalement été renvoyé par les chambres d'instruction devant la cour d'assises comme co-auteur, a-t-il rappelé. Le ministère public a demandé il y a quelques jours à la présidente d'ajouter dans les questions posées au jury, celles concernant la complicité de Nacer Bendrer, en plus de celles sur la corréité. Le procureur a précisé, avant d'être interrompu par une suspension de l'audience, que Nacer Bendrer devait selon lui être condamné comme complice du quadruple assassinat à caractère terroriste, et non comme co-auteur. "Fournir des armes pour commettre une tuerie, c'est grave, c'est une aide déterminante. Mais sans être impliqué dans autre chose, on peut considérer que c'est moins grave que celui qui a appuyé sur la gâchette", a résumé M. Moreau. (Belga)