Le combat à mort de cette fin de campagne, à près d'un mois des élections, n'est pas forcément celui que l'on attendait. Exit Elio Di Rupo (PS) et Charles Michel (MR), les deux derniers Premiers ministres. Le Seize, rue de la loi, serait désormais disputé par deux hommes. A ma droite, Jan Jambon pour la N-VA, l'ancien ministre de l'Intérieur revendiquant une accélération des réformes de droite et/ou un cap sur le confédéralisme. A ma gauche, Kristof Calvo, fer de lance des écologistes flamands à la Chambre, symbole de la vague verte qui s'annonce et du nouveau monde à construire.

Cela symbolise le combat à mort entre deux modèles de société, qui se joue aussi à l'échelle plus vaste de l'Union européenne. D'une part, la conviction identitaire des nationalistes, soucieux de défendre nos frontières et cultivant la foi en la technologie pour combattre le réchauffement climatique. D'autre part, la générosité ouverte des écologistes, qui prônent les atouts d'une société multiculturelle et insistent sur l'urgence de changer de modèle économique pour sauver la planète.

Vieux contre jeunes ? Conservateurs contre progressistes ? Electeurs, électrices, il est temps de choisir votre camp !

La joute est cruelle. Bart De Wever, président de la N-VA, dit avoir "peur" de la vague verte qui s'annonce, redoute (et espère, à la fois) une Wallonie à gauche toute et met en garde contre une avalanche d'impôts en cas de succès d'Ecolo. Kristof Calvo et Jean-Marc-Nollet (Ecolo-Groen) dénoncent, en retour, un candidat Premier ministre N-VA qui n'aime pas la Belgique et se posent au centre du jeu politique en tentant de brouiller les cartes (se félicitant, notamment, de la baisse de la fiscalité sur le travail). Chacun cultive ses alliés, comme s'ils avaient déjà gagné.

Faites vos jeux, rien ne va plus...

Mais attention à l'excès d'arrogance. Il reste un mois avant le scrutin : c'est devenu une éternité dans ce monde politique rythmé par les urgences et les incidents... Et dans notre pays complexe, les jeux sont bien plus complexes que dans un système majoritaire comme celui de la France.

N'oubliez pas forcément le PS. Un autre combat des chefs se dessine, en effet, du côté francophone. Il s'agit de déterminer qui sera le premier parti au Sud du pays - et avec quelle marge. En l'état actuel des sondages, Ecolo décrocherait la palme à Bruxelles, le PS s'accrocherait à la première place en Wallonie. L'enjeu est important, non seulement pour savoir qui aura la main pour les ministres-présidences régionales, mais aussi pour le fédéral. La N-VA n'ayant pas de pendant francophone, verts et rouges se disputent la place de première famille du pays. Si l'on en croit les projections en sièges du politologue de l'ULB Pascal Delwit (https://twitter.com/pdelwit), la famille socialiste resterait en tête, de justesse. Bien qu'il serait difficile d'ignorer la forte progression des verts.

N'oubliez pas non le MR et le CDH. Comme on pouvait s'y attendre à l'issue d'une législature dantesque et suite aux dissensions des derniers mois, les libéraux francophones boivent la tasse dans le dernier baromètre. Davantage, même, qu'un CDH au bord du gouffre après les incidents des dernières semaines, en plus d'une crise structurelle. Ces deux partis donnent l'impression de lutter pour leur survie politique. Attention, toutefois, au syndrome de l'animal blessé. D'autant plus que tous deux pourront se poser en rempart d'une Belgique écartelée pour ensuite, après les élections, même affaiblis, se poser en recours en cas de crise profonde.

Au vu du dernier sondage, la crainte d'une crise profonde du modèle belge se renforce, en raison d'une Flandre à droite et d'une Belgique francophone à gauche toute, revancharde suite aux années de Suédoise. Notre pays risque bel et bien de traverser une séquence existentielle, comme l'Europe dont il est le laboratoire. A moins qu'une vaste coalition sans la N-VA ne voit le jour. Ou que la Suédoise, sauvée des eaux, ne rempile pour une autre législature avec le communautaire au frigo.

La situation préélectorale a le mérite d'une certaine clarté. Les électeurs savent qu'ils peuvent rebattre les cartes. Provoquer un séisme. Mais aussi, et surtout, peser de façon importante sur l'avenir du pays. La démocratie belge a encore de beaux jours devant elle. Pour autant que les deux démocraties qui la composent ne la bloquent pas de façon durable.

Le combat à mort de cette fin de campagne, à près d'un mois des élections, n'est pas forcément celui que l'on attendait. Exit Elio Di Rupo (PS) et Charles Michel (MR), les deux derniers Premiers ministres. Le Seize, rue de la loi, serait désormais disputé par deux hommes. A ma droite, Jan Jambon pour la N-VA, l'ancien ministre de l'Intérieur revendiquant une accélération des réformes de droite et/ou un cap sur le confédéralisme. A ma gauche, Kristof Calvo, fer de lance des écologistes flamands à la Chambre, symbole de la vague verte qui s'annonce et du nouveau monde à construire.Cela symbolise le combat à mort entre deux modèles de société, qui se joue aussi à l'échelle plus vaste de l'Union européenne. D'une part, la conviction identitaire des nationalistes, soucieux de défendre nos frontières et cultivant la foi en la technologie pour combattre le réchauffement climatique. D'autre part, la générosité ouverte des écologistes, qui prônent les atouts d'une société multiculturelle et insistent sur l'urgence de changer de modèle économique pour sauver la planète. Vieux contre jeunes ? Conservateurs contre progressistes ? Electeurs, électrices, il est temps de choisir votre camp !La joute est cruelle. Bart De Wever, président de la N-VA, dit avoir "peur" de la vague verte qui s'annonce, redoute (et espère, à la fois) une Wallonie à gauche toute et met en garde contre une avalanche d'impôts en cas de succès d'Ecolo. Kristof Calvo et Jean-Marc-Nollet (Ecolo-Groen) dénoncent, en retour, un candidat Premier ministre N-VA qui n'aime pas la Belgique et se posent au centre du jeu politique en tentant de brouiller les cartes (se félicitant, notamment, de la baisse de la fiscalité sur le travail). Chacun cultive ses alliés, comme s'ils avaient déjà gagné.Faites vos jeux, rien ne va plus...Mais attention à l'excès d'arrogance. Il reste un mois avant le scrutin : c'est devenu une éternité dans ce monde politique rythmé par les urgences et les incidents... Et dans notre pays complexe, les jeux sont bien plus complexes que dans un système majoritaire comme celui de la France.N'oubliez pas forcément le PS. Un autre combat des chefs se dessine, en effet, du côté francophone. Il s'agit de déterminer qui sera le premier parti au Sud du pays - et avec quelle marge. En l'état actuel des sondages, Ecolo décrocherait la palme à Bruxelles, le PS s'accrocherait à la première place en Wallonie. L'enjeu est important, non seulement pour savoir qui aura la main pour les ministres-présidences régionales, mais aussi pour le fédéral. La N-VA n'ayant pas de pendant francophone, verts et rouges se disputent la place de première famille du pays. Si l'on en croit les projections en sièges du politologue de l'ULB Pascal Delwit (https://twitter.com/pdelwit), la famille socialiste resterait en tête, de justesse. Bien qu'il serait difficile d'ignorer la forte progression des verts.N'oubliez pas non le MR et le CDH. Comme on pouvait s'y attendre à l'issue d'une législature dantesque et suite aux dissensions des derniers mois, les libéraux francophones boivent la tasse dans le dernier baromètre. Davantage, même, qu'un CDH au bord du gouffre après les incidents des dernières semaines, en plus d'une crise structurelle. Ces deux partis donnent l'impression de lutter pour leur survie politique. Attention, toutefois, au syndrome de l'animal blessé. D'autant plus que tous deux pourront se poser en rempart d'une Belgique écartelée pour ensuite, après les élections, même affaiblis, se poser en recours en cas de crise profonde.Au vu du dernier sondage, la crainte d'une crise profonde du modèle belge se renforce, en raison d'une Flandre à droite et d'une Belgique francophone à gauche toute, revancharde suite aux années de Suédoise. Notre pays risque bel et bien de traverser une séquence existentielle, comme l'Europe dont il est le laboratoire. A moins qu'une vaste coalition sans la N-VA ne voit le jour. Ou que la Suédoise, sauvée des eaux, ne rempile pour une autre législature avec le communautaire au frigo.La situation préélectorale a le mérite d'une certaine clarté. Les électeurs savent qu'ils peuvent rebattre les cartes. Provoquer un séisme. Mais aussi, et surtout, peser de façon importante sur l'avenir du pays. La démocratie belge a encore de beaux jours devant elle. Pour autant que les deux démocraties qui la composent ne la bloquent pas de façon durable.