Dans une note récente, intitulée "Police et migrants de transit: respecter la dignité et enquêter sérieusement sur les violences", Myria pointe un problème méthodologique dans l'enquête du comité P. Celle-ci "portait uniquement sur les 'arrestations administratives massives' de transmigrants. Il s'agit d'opérations d'envergure, planifiées et encadrées et qui, par définition, génèrent moins de difficultés que les interventions policières non planifiées", relève Myria, qui renvoie vers un constat formulé par le Commissaire général de la police fédérale.

Le comité P s'est essentiellement basé sur des observations d'opération et l'analyse des plaintes, peu nombreuses. Quelques entretiens ont été réalisés avec des migrants arrêtés au cours de ces opérations de police. Toutefois, "les rares contacts que le Comité P a eus avec les migrants l'ont été dans des conditions peu propices à la délivrance d'un témoignage pertinent (visite en cellule après une arrestation, communication difficile en raison de la langue, manque de confiance dans les enquêteurs)", poursuit la note consultée par Le Soir.

Le centre déplore en outre la propension des autorités à se "réfugier" derrière le faible nombre de plaintes pour justifier de ne pas enquêter. Dans un rapport publié en octobre 2018, Médecins du monde dénonçait la récurrence des témoignages de violences commises par la police auprès de migrants en transit sollicitant les services médicaux de l'ONG. Sur 440 personnes interrogées, 110 disaient avoir subi des violences policières, la moitié acceptant d'en témoigner.