A la fois flexible et autonome, ce concept a été développé pour répondre de manière plus rapide et plus efficace aux défis de la chirurgie humanitaire. Une première version de cette unité mobile a été utilisée lors de la bataille de Mossoul, en Irak, en 2017. "Plus de 700 interventions chirurgicales y ont été réalisées" explique Anne Khoudiacoff, qui, après plus de dix années d'expérience sur le terrain, a participé au développement de ces nouveaux outils. "On en a tiré les leçons pour développer la deuxième unité chirurgicale".

La réalisation de ce projet a duré 9 mois et cette nouvelle installation présente plusieurs innovations : "Nous avons pu améliorer quatre concepts clef", précise Anne Khoudiacoff : "l'autonomie, la mobilité, la flexibilité et la qualité des soins. C'est ce que nous avons voulu apporter dans cette unité chirurgicale mobile qui est tout à fait innovante". Ces concepts permettent de rencontrer un objectif capital de l'aide médicale en zone de conflit : "être au plus près du patient et au plus vite".

Opérationnel en 12 heures

Ce dispositif mobile peut être monté et rendu opérationnel en seulement douze heures, grâce à cinq personnes qui en ont les connaissances techniques et l'aide de 35 ouvriers journaliers locaux. L'entièreté de l'installation, qui pèse près d'une centaine de tonnes, peut être transportée en une fois par avion, par bateau ou par la route. Avant la construction, une équipe d'exploration se rend sur place pour étudier le terrain.

En plus de son déploiement rapide, l'unité pourra se déplacer aisément, et c'est l'une des nouveautés les plus importantes. "Auparavant, bouger c'était plus compliqué, mais aujourd'hui, on a des systèmes qui permettent de tout remballer et démonter plus rapidement", explique la responsable de MSF. Cela permettra à l'unité de suivre la ligne de front, en mouvement constant.

La structure peut s'adapter aux besoins : une petite version de l'unité compte huit containers médicaux, et une grande en compte douze, avec des salles d'opération et de repos supplémentaires.

La grande version de l'unité de soins, déployée sur 16 containers, qui comprend notamment deux salles d'opérations et deux salles de soins intensifs., Médecins sans frontières
La grande version de l'unité de soins, déployée sur 16 containers, qui comprend notamment deux salles d'opérations et deux salles de soins intensifs. © Médecins sans frontières

Chaque jour, l'unité peut accueillir jusqu'à 700 patients et procéder à entre 10 et 15 interventions chirurgicales (une capacité doublée pour la grande unité). Pour assurer son fonctionnement, ce sont deux à trois chirurgiens et six infirmiers qui y travaillent, ainsi que deux personnes pour assurer la maintenance.

Stabiliser les blessés de guerre

Le rôle premier de l'aide médicale d'urgence est de stabiliser, principalement de mettre sous contrôle les pertes de sang rapidement. "La stabilité c'est très important", explique Albert, Médecin pour MSF depuis 1980. Face à la violence de la guerre, il identifie plusieurs catégories de blessés : "il y a ceux qui sont blessés, mais qui survivent et sont stables, c'est-à-dire qu'ils peuvent attendre avant d'avoir des soins. A côté, il y a les patients instables : si on ne fait pas certaines choses tout de suite, ils vont mourir".

Albert, qui "depuis plus de trente ans, a assisté à toute l'évolution de la chirurgie chez MSF", s'enthousiasme devant cette structure de terrain équipée de tous les outils modernes. "Dans mes premières années à MSF, on ne voyait pas cette dernière catégorie de patients. Ils n'avaient pas le temps d'arriver à l'hôpital. C'est l'avantage du mobile, ça permet de stabiliser".

Les patients arrivent d'abord dans la tente de triage, où ils sont stabilisés et où l'on évalue si une intervention d'urgence est nécessaire. L'unité comprend une salle préopératoire, une salle d'opération qui comporte tout le matériel d'anesthésie et une table chirurgicale avec tous les outils modernes, ainsi qu'une salle de réveil, d'où les patients peuvent être redirigés vers un hôpital. Le dispositif compte également une pharmacie et une salle de stérilisation. L'unité peut assurer un fonctionnement indépendant durant sept jours grâce à ses équipements médicaux.

D'un point de vue technique, l'autonomie du dispositif est assurée grâce à ses propres générateurs et ses systèmes de purification d'eau. L'eau est également chauffée, ce qui rend le travail des équipes possible même dans des conditions climatiques extrêmes, allant jusqu'à -30°C.

L'unité mobile exposée à Bruxelles

L'unité est installée à Bruxelles, place Rogier. C'est à la fois l'occasion de présenter au public belge un aperçu du travail de l'organisation, mais cela représente aussi un exercice pour le personnel : la construction et le démontage en centre-ville doivent aussi s'effectuer en douze heures.

L'installation peut être visitée du vendredi 02 au dimanche 04 mars, de 10 à 18h. Les visites sont gratuites, mais les places étant limitées à l'intérieur de la structure, une inscription est nécessaire via le site www.msf.be.

Oriane Renette.

A la fois flexible et autonome, ce concept a été développé pour répondre de manière plus rapide et plus efficace aux défis de la chirurgie humanitaire. Une première version de cette unité mobile a été utilisée lors de la bataille de Mossoul, en Irak, en 2017. "Plus de 700 interventions chirurgicales y ont été réalisées" explique Anne Khoudiacoff, qui, après plus de dix années d'expérience sur le terrain, a participé au développement de ces nouveaux outils. "On en a tiré les leçons pour développer la deuxième unité chirurgicale". La réalisation de ce projet a duré 9 mois et cette nouvelle installation présente plusieurs innovations : "Nous avons pu améliorer quatre concepts clef", précise Anne Khoudiacoff : "l'autonomie, la mobilité, la flexibilité et la qualité des soins. C'est ce que nous avons voulu apporter dans cette unité chirurgicale mobile qui est tout à fait innovante". Ces concepts permettent de rencontrer un objectif capital de l'aide médicale en zone de conflit : "être au plus près du patient et au plus vite".Ce dispositif mobile peut être monté et rendu opérationnel en seulement douze heures, grâce à cinq personnes qui en ont les connaissances techniques et l'aide de 35 ouvriers journaliers locaux. L'entièreté de l'installation, qui pèse près d'une centaine de tonnes, peut être transportée en une fois par avion, par bateau ou par la route. Avant la construction, une équipe d'exploration se rend sur place pour étudier le terrain. En plus de son déploiement rapide, l'unité pourra se déplacer aisément, et c'est l'une des nouveautés les plus importantes. "Auparavant, bouger c'était plus compliqué, mais aujourd'hui, on a des systèmes qui permettent de tout remballer et démonter plus rapidement", explique la responsable de MSF. Cela permettra à l'unité de suivre la ligne de front, en mouvement constant.La structure peut s'adapter aux besoins : une petite version de l'unité compte huit containers médicaux, et une grande en compte douze, avec des salles d'opération et de repos supplémentaires. Chaque jour, l'unité peut accueillir jusqu'à 700 patients et procéder à entre 10 et 15 interventions chirurgicales (une capacité doublée pour la grande unité). Pour assurer son fonctionnement, ce sont deux à trois chirurgiens et six infirmiers qui y travaillent, ainsi que deux personnes pour assurer la maintenance. Le rôle premier de l'aide médicale d'urgence est de stabiliser, principalement de mettre sous contrôle les pertes de sang rapidement. "La stabilité c'est très important", explique Albert, Médecin pour MSF depuis 1980. Face à la violence de la guerre, il identifie plusieurs catégories de blessés : "il y a ceux qui sont blessés, mais qui survivent et sont stables, c'est-à-dire qu'ils peuvent attendre avant d'avoir des soins. A côté, il y a les patients instables : si on ne fait pas certaines choses tout de suite, ils vont mourir".Albert, qui "depuis plus de trente ans, a assisté à toute l'évolution de la chirurgie chez MSF", s'enthousiasme devant cette structure de terrain équipée de tous les outils modernes. "Dans mes premières années à MSF, on ne voyait pas cette dernière catégorie de patients. Ils n'avaient pas le temps d'arriver à l'hôpital. C'est l'avantage du mobile, ça permet de stabiliser". Les patients arrivent d'abord dans la tente de triage, où ils sont stabilisés et où l'on évalue si une intervention d'urgence est nécessaire. L'unité comprend une salle préopératoire, une salle d'opération qui comporte tout le matériel d'anesthésie et une table chirurgicale avec tous les outils modernes, ainsi qu'une salle de réveil, d'où les patients peuvent être redirigés vers un hôpital. Le dispositif compte également une pharmacie et une salle de stérilisation. L'unité peut assurer un fonctionnement indépendant durant sept jours grâce à ses équipements médicaux.D'un point de vue technique, l'autonomie du dispositif est assurée grâce à ses propres générateurs et ses systèmes de purification d'eau. L'eau est également chauffée, ce qui rend le travail des équipes possible même dans des conditions climatiques extrêmes, allant jusqu'à -30°C. L'unité est installée à Bruxelles, place Rogier. C'est à la fois l'occasion de présenter au public belge un aperçu du travail de l'organisation, mais cela représente aussi un exercice pour le personnel : la construction et le démontage en centre-ville doivent aussi s'effectuer en douze heures.L'installation peut être visitée du vendredi 02 au dimanche 04 mars, de 10 à 18h. Les visites sont gratuites, mais les places étant limitées à l'intérieur de la structure, une inscription est nécessaire via le site www.msf.be. Oriane Renette.