Des avenues désertées par les voitures, des vélos partout, des centres piétonnisés, des transports publics presque vides... Ces trois derniers mois, la crise du coronavirus a radicalement bousculé les besoins en matière de mobilité et les modes de déplacement. Le confinement, puis la reprise progressive, ont transformé les villes et communes en laboratoires grandeur nature d'une mobilité plus douce, empiétant avec une ampleur inédite sur la place conséquente réservée à la voiture - jusqu'à 70 % de l'espace public. Une parenthèse avant le retour de...

Des avenues désertées par les voitures, des vélos partout, des centres piétonnisés, des transports publics presque vides... Ces trois derniers mois, la crise du coronavirus a radicalement bousculé les besoins en matière de mobilité et les modes de déplacement. Le confinement, puis la reprise progressive, ont transformé les villes et communes en laboratoires grandeur nature d'une mobilité plus douce, empiétant avec une ampleur inédite sur la place conséquente réservée à la voiture - jusqu'à 70 % de l'espace public. Une parenthèse avant le retour des habitudes antérieures à la pandémie ? Certes, tous les indicateurs confirment la recrudescence de la charge de trafic, désormais proche du niveau de février dernier. Certes, les transports publics peinent à renouer avec la fréquentation d'antan. En revanche, les ventes de vélos poursuivent leur essor fulgurant. Les formations pour l'enfourcher dans le trafic, à des fins utilitaires, n'ont jamais connu autant de succès. Et beaucoup d'automobilistes ont aussi re- découvert le plaisir de la marche pour les déplacements plus courts. Ce basculement peut-il perdurer ? D'après un sondage mené en mai dernier par YouGov pour le compte de la Fondation européenne pour le climat (ECF) et de l'organisation Transport et environnement, 64 % des Flamands, 66 % des Bruxellois et 69 % des Wallons demandent que les villes prennent des dispositions pour réduire la pollution de l'air, même si cela nécessite d'allouer plus d'espace à la mobilité douce et aux transports publics. Pour se rendre au travail, une partie des Belges sondés se disent également prêts à recourir plus souvent au vélo (14 % des Wallons, 16 % des Bruxellois et 41 % des Flamands), à la marche (respectivement 34, 49 et 31 %) et aux transports publics (19, 37 et 17 %). Autant de raisons d'avancer que la sortie de crise pourrait acter le début d'un changement structurel de certaines habitudes en la matière. En dépit de l'attractivité persistante de la voiture privée, les signaux passent peu à peu au vert pour la valorisation de moyens de déplacement durables et complémentaires. " C'est le sens de l'histoire : depuis plusieurs années, on voit toutes les limites d'une mobilité centrée sur la voiture ", affirme le ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo). " Des décisions radicales sont nécessaires, lance Elke van den Brandt, son homologue bruxelloise (Groen). A Bruxelles, deux tiers des déplacements sont inférieurs à 5 kilomètres. " Dans le Sud du pays comme dans la capitale, à la ville comme à la campagne, Le Vif/L'Express présente les perspectives et les mesures nécessaires pour transformer la mobilité de demain.