Arrivé peu avant midi encadré par une imposante escorte motocycliste sous un soleil d'automne, enveloppé du drapeau tricolore et porté par ses anciens officiers de sécurité à l'Élysée, le cercueil de Jacques Chirac a remonté la nef de Saint-Sulpice au son du requiem de Gabriel Fauré, sous les yeux de près de 2.000 invités venus du monde entier. La foule massée sur le parvis a applaudi l'entrée et la sortie du corps de l'ancien maire de Paris, plusieurs fois ministre et Premier ministre, puis deux fois élu président de la République (1995 à 2007), qui s'est éteint jeudi à l'âge de 86 ans, à quelques rues de là. Bernadette Chirac, qui n'est pas apparue publiquement depuis le décès de son époux, était absente "en raison de sa santé" de ce service célébré par l'archevêque de Paris. Quatre-vingts personnalités étrangères, chefs d'État et de gouvernement, anciens dirigeants et membres de famille royales, ont honoré Jacques Chirac, omniprésent pendant plus de quatre décennies, mais très affaibli ces dernières années. Aux premiers rangs se sont côtoyés le président russe Vladimir Poutine, les présidents italien Sergio Mattarella et congolais Denis Sassou Nguesso ainsi que les Premiers ministres libanais Saad Hariri et hongrois Viktor Orban, ou encore l'ex-président des États-Unis, Bill Clinton (1993-2001). Ils ont retrouvé notamment les anciens présidents français François Hollande, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d'Estaing. La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a renoncé à s'y rendre, face aux réserves de la famille Chirac. Dans la matinée, une cérémonie privée, avait eu lieu aux Invalides, en présence de Bernadette Chirac et quelque 200 personnes, famille et personnel médical ayant assisté Jacques Chirac. Jacques Chirac a ensuite été inhumé en début d'après-midi dans un cadre strictement privé au cimetière du Montparnasse. Selon le souhait de son épouse Bernadette, il repose désormais dans le caveau de leur fille aînée Laurence, qui souffrait d'anorexie et est décédée en 2016. La journée de deuil national décrétée lundi était la huitième depuis le début de la Ve République en 1958. (Belga)