Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), a annoncé mercredi soir que la police mènerait de nouvelles actions "dans les jours qui viennent". Selon un comptage policier réalisé mardi soir lors de la distribution de repas à la gare du Nord, 600 personnes étaient présentes, contre 100 en novembre et 250 à la mi-décembre. Sans pouvoir fournir de justification "scientifique", le ministre impute cette augmentation à la suspension le 20 décembre des rapatriements vers le Soudan qui inciterait les passeurs à amener en Belgique des migrants soudanais des pays voisins.

"La dynamique de l'hébergement repose sur cette menace, elle est une réponse aux rafles et aux arrestations. Avec ce genre d'annonce, MM. Jambon et Francken nous font une publicité incroyable. Mercredi soir, à 22h50, le parc était vide, 493 personnes avaient trouvé un hébergement chez des citoyens. Notre plateforme compte aujourd'hui 31.350 membres, c'est-à-dire plus de 1.000 personnes qui se sont inscrites en 24 heures", a expliqué jeudi le porte-parole de la plateforme, Mehdi Kassou, à l'agence Belga.

Les responsables de la plateforme contestent par ailleurs la soudaine augmentation invoquée mercredi par le ministre. Les chiffres ne collent pas à la réalité qu'ils observent quotidiennement.

La possibilité de distinguer un ressortissant soudanais d'un ressortissant, par exemple, érythréen leur paraît douteuse. La distribution de repas quotidienne attire un grand nombre de personnes, aux origines, statuts et aux parcours divers, et qui pour une partie se trouvent dans d'autres endroits de Bruxelles, notamment la Gare du Midi.

Des pics se sont déjà produits en période de froid par le passé. "Le froid fait que les gens stagnent, se sédentarisent", a expliqué M. Kassou. Entre novembre et décembre 2016, le nombre de personnes à la gare du Nord était ainsi passé de 140 à 470.

Actuellement, entre le 10 et le 25 novembre, le nombre de migrants hébergés via la plateforme tournait autour des 350-380 personnes par soir; la quinzaine suivante, entre 420 et 450 personnes par soir; mercredi soir, 493 personnes ont été hébergées.

Les représentants de la plateforme doutent également du nombre de 100 personnes en novembre: selon eux, les témoins oculaires ne manquent pas qui assurent que le nombre était déjà plus important à ce moment de l'année.

Clerfayt ne donnera pas son accord pour les actions policières

Le député-bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (DéFI) ne donnera pas son feu vert, requis selon lui parmi celui des autorités administratives compétentes, aux actions policières annoncées par le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), aux abords du Parc Maximilien, au coeur de la capitale.

"Rien ne justifie ces rafles sauf sans doute une volonté électoraliste de certains qui jouent sur les peurs de la population en déformant la réalité de terrain", a soutenu jeudi le bourgmestre de Schaerbeek. Selon celui-ci, il n'y a pas de regroupements de plus de 500 personnes la nuit dans la gare du Nord toute proche, ni au parc Maximilien, contrairement à ce qu'a affirmé le ministre, mercredi.

"Comble du cynisme, ces rafles sont prévues à l'heure où de nombreux bénévoles apportent de quoi empêcher les personnes de mourir de faim et de froid", a commenté M. Clerfayt.

Pour lui, si les regroupements décrits par le ministre ne sont pas d'actualité, il y a lieu d'en féliciter les bénévoles de la plate-forme citoyenne qui, depuis plusieurs mois, supplée "aux manquements et à l'inopérance des autorités fédérales et en particulier de Messieurs Francken et Jambon".

D'après M. Clerfayt, il y a certes des moments d'affluence aux heures de distribution de repas qui entraînent des difficultés en termes de gestion de la propreté. Cela ne justifie toutefois en rien la nécessité revendiquée par le ministre d'"organiser des rafles pour empêcher un Calais bis".

Pour le bourgmestre, la question est bien d'organiser l'accueil afin que la situation sur le terrain ne soit pas chaotique. Les "rafles qui tiennent de l'effet d'annonce ne permettent aucune gestion rationnelle de la situation existante puisque la capacité de l'Office des Etrangers (tout proche, ndlr) est limitée au traitement d'une vingtaine de dossiers par jour et que les places dans les centres fermés sont limitées. Les personnes sont donc relâchées après avoir passé plusieurs heures au poste de police dans l'attente que leur dossier soit examiné par l'administration de M. Francken".

M. Clerfayt estime que seule la mise en place d'un centre d'orientation assurant les besoins fondamentaux des personnes en termes de nourriture, d'abri et de soins médicaux, permettra à la Belgique de rencontrer" ses obligations d'état démocratique signataire des conventions internationales pour un accueil digne des migrants et par là même une gestion organisée de la situation de ces personnes en transit".

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), a annoncé mercredi soir que la police mènerait de nouvelles actions "dans les jours qui viennent". Selon un comptage policier réalisé mardi soir lors de la distribution de repas à la gare du Nord, 600 personnes étaient présentes, contre 100 en novembre et 250 à la mi-décembre. Sans pouvoir fournir de justification "scientifique", le ministre impute cette augmentation à la suspension le 20 décembre des rapatriements vers le Soudan qui inciterait les passeurs à amener en Belgique des migrants soudanais des pays voisins. "La dynamique de l'hébergement repose sur cette menace, elle est une réponse aux rafles et aux arrestations. Avec ce genre d'annonce, MM. Jambon et Francken nous font une publicité incroyable. Mercredi soir, à 22h50, le parc était vide, 493 personnes avaient trouvé un hébergement chez des citoyens. Notre plateforme compte aujourd'hui 31.350 membres, c'est-à-dire plus de 1.000 personnes qui se sont inscrites en 24 heures", a expliqué jeudi le porte-parole de la plateforme, Mehdi Kassou, à l'agence Belga. Les responsables de la plateforme contestent par ailleurs la soudaine augmentation invoquée mercredi par le ministre. Les chiffres ne collent pas à la réalité qu'ils observent quotidiennement. La possibilité de distinguer un ressortissant soudanais d'un ressortissant, par exemple, érythréen leur paraît douteuse. La distribution de repas quotidienne attire un grand nombre de personnes, aux origines, statuts et aux parcours divers, et qui pour une partie se trouvent dans d'autres endroits de Bruxelles, notamment la Gare du Midi. Des pics se sont déjà produits en période de froid par le passé. "Le froid fait que les gens stagnent, se sédentarisent", a expliqué M. Kassou. Entre novembre et décembre 2016, le nombre de personnes à la gare du Nord était ainsi passé de 140 à 470. Actuellement, entre le 10 et le 25 novembre, le nombre de migrants hébergés via la plateforme tournait autour des 350-380 personnes par soir; la quinzaine suivante, entre 420 et 450 personnes par soir; mercredi soir, 493 personnes ont été hébergées. Les représentants de la plateforme doutent également du nombre de 100 personnes en novembre: selon eux, les témoins oculaires ne manquent pas qui assurent que le nombre était déjà plus important à ce moment de l'année.Le député-bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (DéFI) ne donnera pas son feu vert, requis selon lui parmi celui des autorités administratives compétentes, aux actions policières annoncées par le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), aux abords du Parc Maximilien, au coeur de la capitale. "Rien ne justifie ces rafles sauf sans doute une volonté électoraliste de certains qui jouent sur les peurs de la population en déformant la réalité de terrain", a soutenu jeudi le bourgmestre de Schaerbeek. Selon celui-ci, il n'y a pas de regroupements de plus de 500 personnes la nuit dans la gare du Nord toute proche, ni au parc Maximilien, contrairement à ce qu'a affirmé le ministre, mercredi."Comble du cynisme, ces rafles sont prévues à l'heure où de nombreux bénévoles apportent de quoi empêcher les personnes de mourir de faim et de froid", a commenté M. Clerfayt. Pour lui, si les regroupements décrits par le ministre ne sont pas d'actualité, il y a lieu d'en féliciter les bénévoles de la plate-forme citoyenne qui, depuis plusieurs mois, supplée "aux manquements et à l'inopérance des autorités fédérales et en particulier de Messieurs Francken et Jambon". D'après M. Clerfayt, il y a certes des moments d'affluence aux heures de distribution de repas qui entraînent des difficultés en termes de gestion de la propreté. Cela ne justifie toutefois en rien la nécessité revendiquée par le ministre d'"organiser des rafles pour empêcher un Calais bis". Pour le bourgmestre, la question est bien d'organiser l'accueil afin que la situation sur le terrain ne soit pas chaotique. Les "rafles qui tiennent de l'effet d'annonce ne permettent aucune gestion rationnelle de la situation existante puisque la capacité de l'Office des Etrangers (tout proche, ndlr) est limitée au traitement d'une vingtaine de dossiers par jour et que les places dans les centres fermés sont limitées. Les personnes sont donc relâchées après avoir passé plusieurs heures au poste de police dans l'attente que leur dossier soit examiné par l'administration de M. Francken". M. Clerfayt estime que seule la mise en place d'un centre d'orientation assurant les besoins fondamentaux des personnes en termes de nourriture, d'abri et de soins médicaux, permettra à la Belgique de rencontrer" ses obligations d'état démocratique signataire des conventions internationales pour un accueil digne des migrants et par là même une gestion organisée de la situation de ces personnes en transit".