La cour a entendu deux enquêteurs français concernant l'arrestation de Mehdi Nemmouche à Marseille le 30 mai 2014, quatre jours après l'attaque au Musée juif de Belgique à Bruxelles.

L'un d'eux, appartenant à la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), a témoigné de manière anonyme par vidéo-conférence. Le second, attaché à la sous-direction anti-terroriste de la direction générale de la police judiciaire (SDAT), a été entendu dans la salle d'audience.

Ceux-ci ont exposé que Mehdi Nemmouche avait été arrêté à la gare routière Saint-Charles à Marseille à 12h30 le 30 mai 2014, à bord d'un car de la société Eurolines.

La brigade de surveillance des douanes de Marseille a effectué un contrôle dans ce bus et a découvert qu'un homme, identifié plus tard comme étant Mehdi Nemmouche, était en possession de deux armes.

Un revolver chargé de six munitions, mais pas armé, se trouvait dans la poche gauche de sa veste. Un sac Décathlon, posé sur un siège voisin du sien, renfermait également une kalachnikov. Le chargeur de ce fusil d'assaut était engagé et contenait 30 cartouches, dont une était dans la chambre, prête à tirer. Au total, Mehdi Nemmouche était porteur de 57 cartouches de revolver et 291 de kalachnikov.

Outre les armes, il portait ou détenait dans ses affaires plusieurs éléments comparables à ceux observés sur le tueur: une veste bleue à laquelle était fixée une caméra, une casquette noire, des chaussures à semelle partiellement blanche... Il transportait aussi un masque à gaz et un ordinateur sur lequel seront découvertes des vidéos de revendication de l'attaque.

Mehdi Nemmouche détenait 87 objets, mais refusera de signer le procès-verbal actant l'inventaire réalisé dans le courant de la nuit.

Des spécialistes français en balistique ont par la suite testé les armes et constaté qu'elles fonctionnaient toutes les deux. Une donnée intéressante dans la mesure où le tueur n'avait pas réussi à abattre Dominique Sabrier avec son revolver, ce qui pourrait laisser entrevoir l'hypothèse que l'arme s'était enrayée.

Ce point a suscité la réaction d'un enquêteur, qui a souhaité préciser que six coups ont été tirés au Musée juif avec le revolver, soit le nombre maximum de balles que peut contenir le barillet. "Notre hypothèse est plutôt celle d'un barillet vide que d'une arme enrayé", a souligné le témoin. Cette intervention a provoqué l'exaspération de Me Sébastien Courtoy, avocat de la défense, qui s'est levé pour marquer son désaccord.

Deux empreintes digitales de Mehdi Nemmouche seront mises en évidence sur le barillet du revolver, tandis que son ADN apparaîtra à plusieurs endroits de la kalachnikov, dont la détente.

Une comparaison avec un fichier national révélera que les armes ne sont pas connues de la justice française, pas plus que les autres profils ADN relevés sur les affaires de Mehdi Nemmouche.

Interrogé par les agents douaniers, l'accuséa a affirmé avoir volé les sacs qui contenaient les armes - "déjà approvisionnées" - à Bruxelles, dans une voiture ouverte, dans la nuit du 27 au 28 mai 2014. Il a ajouté qu'il s'était rendu à Marseille pour les revendre. C'est la seule explication qu'il donnera à ce sujet, avant de systématiquement invoquer son droit au silence.

Nemmouche "étrangement calme"

"Pour quelqu'un accusé de tels faits, il était très étrangement calme, posé, observateur. D'une sérénité surprenante. Il nous jaugeait, mais n'a jamais cherché à se justifier ou à faire comprendre qu'il n'avait rien à voir avec les faits" qui lui sont reprochés, s'est étonné l'agent de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), qui témoigne masqué et en vidéo-conférence.

Il n'y avait "aucune révolte" mais une "certaine ambivalence" dans le chef de Mehdi Nemmouche, a renchéri un autre enquêteur français. "Il était très courtois, mais il enregistrait la moindre de nos failles."

Ainsi, lors du transfert en train vers la DGSI à Levallois-Perret, en région parisienne, Mehdi Nemmouche a été placé quelque temps dans une cellule à la gare Saint-Charles de Marseille. Alors qu'il portait une ceinture de contention, il a remarqué qu'il parvenait à bouger la main et s'est mis à faire des exercices d'échauffement, a relaté un enquêteur. Les policiers ont interprété son comportement à ce moment comme une manière d'évaluer la possibilité d'une tentative d'évasion.

Le récit de cette anecdote a suscité un petit sourire de la part de Mehdi Nemmouche, ainsi que les rires de son avocat Me Courtoy.

Les enquêteurs ont aussi relevé la différence d'attitude dont faisait preuve l'accusé selon les thèmes qui étaient abordés. "Lorsque c'est lui qui choisissait le sujet, il était très prolixe. Quand c'était nous, il était dans un mutisme quasi total, sauf lorsque nous lui avons permis de consulter des articles de presse en lien avec son arrestation et les faits."

Les témoins ont enfin souligné que Mehdi Nemmouche n'appréciait pas que l'on évoque sa famille.

La cour a entendu deux enquêteurs français concernant l'arrestation de Mehdi Nemmouche à Marseille le 30 mai 2014, quatre jours après l'attaque au Musée juif de Belgique à Bruxelles. L'un d'eux, appartenant à la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), a témoigné de manière anonyme par vidéo-conférence. Le second, attaché à la sous-direction anti-terroriste de la direction générale de la police judiciaire (SDAT), a été entendu dans la salle d'audience. Ceux-ci ont exposé que Mehdi Nemmouche avait été arrêté à la gare routière Saint-Charles à Marseille à 12h30 le 30 mai 2014, à bord d'un car de la société Eurolines. La brigade de surveillance des douanes de Marseille a effectué un contrôle dans ce bus et a découvert qu'un homme, identifié plus tard comme étant Mehdi Nemmouche, était en possession de deux armes. Un revolver chargé de six munitions, mais pas armé, se trouvait dans la poche gauche de sa veste. Un sac Décathlon, posé sur un siège voisin du sien, renfermait également une kalachnikov. Le chargeur de ce fusil d'assaut était engagé et contenait 30 cartouches, dont une était dans la chambre, prête à tirer. Au total, Mehdi Nemmouche était porteur de 57 cartouches de revolver et 291 de kalachnikov. Outre les armes, il portait ou détenait dans ses affaires plusieurs éléments comparables à ceux observés sur le tueur: une veste bleue à laquelle était fixée une caméra, une casquette noire, des chaussures à semelle partiellement blanche... Il transportait aussi un masque à gaz et un ordinateur sur lequel seront découvertes des vidéos de revendication de l'attaque. Mehdi Nemmouche détenait 87 objets, mais refusera de signer le procès-verbal actant l'inventaire réalisé dans le courant de la nuit. Des spécialistes français en balistique ont par la suite testé les armes et constaté qu'elles fonctionnaient toutes les deux. Une donnée intéressante dans la mesure où le tueur n'avait pas réussi à abattre Dominique Sabrier avec son revolver, ce qui pourrait laisser entrevoir l'hypothèse que l'arme s'était enrayée. Ce point a suscité la réaction d'un enquêteur, qui a souhaité préciser que six coups ont été tirés au Musée juif avec le revolver, soit le nombre maximum de balles que peut contenir le barillet. "Notre hypothèse est plutôt celle d'un barillet vide que d'une arme enrayé", a souligné le témoin. Cette intervention a provoqué l'exaspération de Me Sébastien Courtoy, avocat de la défense, qui s'est levé pour marquer son désaccord. Deux empreintes digitales de Mehdi Nemmouche seront mises en évidence sur le barillet du revolver, tandis que son ADN apparaîtra à plusieurs endroits de la kalachnikov, dont la détente. Une comparaison avec un fichier national révélera que les armes ne sont pas connues de la justice française, pas plus que les autres profils ADN relevés sur les affaires de Mehdi Nemmouche. Interrogé par les agents douaniers, l'accuséa a affirmé avoir volé les sacs qui contenaient les armes - "déjà approvisionnées" - à Bruxelles, dans une voiture ouverte, dans la nuit du 27 au 28 mai 2014. Il a ajouté qu'il s'était rendu à Marseille pour les revendre. C'est la seule explication qu'il donnera à ce sujet, avant de systématiquement invoquer son droit au silence. Nemmouche "étrangement calme" "Pour quelqu'un accusé de tels faits, il était très étrangement calme, posé, observateur. D'une sérénité surprenante. Il nous jaugeait, mais n'a jamais cherché à se justifier ou à faire comprendre qu'il n'avait rien à voir avec les faits" qui lui sont reprochés, s'est étonné l'agent de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), qui témoigne masqué et en vidéo-conférence. Il n'y avait "aucune révolte" mais une "certaine ambivalence" dans le chef de Mehdi Nemmouche, a renchéri un autre enquêteur français. "Il était très courtois, mais il enregistrait la moindre de nos failles." Ainsi, lors du transfert en train vers la DGSI à Levallois-Perret, en région parisienne, Mehdi Nemmouche a été placé quelque temps dans une cellule à la gare Saint-Charles de Marseille. Alors qu'il portait une ceinture de contention, il a remarqué qu'il parvenait à bouger la main et s'est mis à faire des exercices d'échauffement, a relaté un enquêteur. Les policiers ont interprété son comportement à ce moment comme une manière d'évaluer la possibilité d'une tentative d'évasion. Le récit de cette anecdote a suscité un petit sourire de la part de Mehdi Nemmouche, ainsi que les rires de son avocat Me Courtoy. Les enquêteurs ont aussi relevé la différence d'attitude dont faisait preuve l'accusé selon les thèmes qui étaient abordés. "Lorsque c'est lui qui choisissait le sujet, il était très prolixe. Quand c'était nous, il était dans un mutisme quasi total, sauf lorsque nous lui avons permis de consulter des articles de presse en lien avec son arrestation et les faits." Les témoins ont enfin souligné que Mehdi Nemmouche n'appréciait pas que l'on évoque sa famille.