Quatre numéros Inami sur dix ont été attribués par le sud du pays en 2015 à des médecins issus de l'étranger, ressort-il d'un rapport de la cellule planification du SPF Santé publique, relayé jeudi par Le Soir et De Standaard.

Quelque 28% des médecins ayant reçu un numéro Inami en 2015 n'ont pas été formés en Belgique, contre 19,7% en 2011. La Fédération Wallonie-Bruxelles paie le plus lourd tribut avec 41% des numéros Inami attribués à des médecins issus de l'étranger, contre 28,5% en 2011. Chez les dentistes, il s'agit de plus d'un numéro sur deux.

Pour Marc Moens, président de l'Absym, il est "injuste que des médecins étrangers puissent exercer si facilement en Belgique alors que la procédure pour les médecins belges est particulièrement difficile".

Maxime Mori, président de la Fédération des étudiants francophones (Fef), estime que cela "met clairement en avant le paradoxe qui consiste à limiter l'accès aux études de médecine et à la profession pour les étudiants belges, alors même que le besoin de praticiens va en s'aggravant". L'organisation étudiante admet que la liberté de circulation est un principe européen important mais souligne que la situation "suscite une frustration importante pour les étudiants soumis à des processus de sélection scandaleux alors que des déserts médicaux risquent de voir le jour". Pour la Fef, le rapport du SPF Santé publique est "une nouvelle preuve de l'absurdité totale de la gestion tant fédérale que communautaire de ce dossier".

Le Comité interuniversitaire des étudiants en médecine (Cium) qualifie la situation de dumping social. "Nous manquons cruellement de médecins sur le terrain, (ce qui) nous oblige à déposséder certains pays de leur propre force médicale, des médecins étrangers souvent sous-payés (et) recrutés par d'obscurs réseaux".

L'Unécof, l'Union des étudiants en Communauté française, n'est, elle, pas étonnée. Les chiffres présentés ne sont "que la preuve de ce que l'on défend depuis des années: la révision des quotas Inami, calculés sur des chiffres obsolètes et qui ne tiennent pas compte des mi-temps, de la féminisation de la profession, des départs à la retraite...Et nous amènent dans cette situation absurde où l'on doit importer en masse des médecins de l'étranger alors qu'on filtre nous-mêmes nos étudiants !".

Matthias Claeys, le président des Étudiants flamands en médecine (VGSO), exige une solution "urgente". Il pense notamment à instaurer de prime abord un examen linguistique, écrit et oral, car "la communication est très importante pour les patients". Il appelle également le ministre flamand de la Santé publique, Jo Vandeurzen (CD&V) à mettre en place des sous-contingents par spécialité, au lieu d'un quota général pour tous les étudiants comme c'est le cas actuellement.

Catherine Fonck, députée fédérale et chef de groupe cdH, interpellera jeudi à la Chambre la ministre de la Santé sur la "politique des quotas de médecins et dentistes qui pénalisent les Belges au profit des Européens". Elle a qualifié, jeudi dans la presse, la situation de "discriminatoire".

"Je ne peux que me ranger du côté de Mme Fonck", a réagi Marc Moens, qui avait déjà tiré la sonnette d'alarme en juillet. "Ce système nous dérange depuis 30 ans mais les ministres qui se sont succédé jusqu'ici ont à chaque fois rejeté nos propositions".

Concrètement, le président de l'Absym plaide pour des exigences de qualité pour les médecins étrangers. L'examen linguistique pour les médecins que les États membres de l'Union européenne peuvent imposer depuis cette année aux travailleurs étrangers est, pour l'Absym, une piste de réflexion. "Il est tout de même juste que les médecins étrangers connaissent au moins la langue du pays dans lequel ils viennent travailler".

La ministre de la Santé, Maggie De Block, a indiqué au journal Le Soir qu'elle s'attelait à l'instauration d'un test linguistique mais qu'un test de compétences n'était pas à l'ordre du jour. Elle a également ajouté qu'elle ne pouvait pas imposer un contingentement aux étudiants européens, en vertu de la législation de l'UE.

Le président du Cium, Quentin Lamelyn, et la Fef appellent les politiques à réagir et à prendre leurs responsabilités. "Cette mascarade a suffisamment duré. Il est grand temps que chaque citoyen désireux de conserver une médecine de qualité accessible à tous prenne part à notre combat", a conclu Quentin Lamelyn.

Quatre numéros Inami sur dix ont été attribués par le sud du pays en 2015 à des médecins issus de l'étranger, ressort-il d'un rapport de la cellule planification du SPF Santé publique, relayé jeudi par Le Soir et De Standaard. Quelque 28% des médecins ayant reçu un numéro Inami en 2015 n'ont pas été formés en Belgique, contre 19,7% en 2011. La Fédération Wallonie-Bruxelles paie le plus lourd tribut avec 41% des numéros Inami attribués à des médecins issus de l'étranger, contre 28,5% en 2011. Chez les dentistes, il s'agit de plus d'un numéro sur deux. Pour Marc Moens, président de l'Absym, il est "injuste que des médecins étrangers puissent exercer si facilement en Belgique alors que la procédure pour les médecins belges est particulièrement difficile".Maxime Mori, président de la Fédération des étudiants francophones (Fef), estime que cela "met clairement en avant le paradoxe qui consiste à limiter l'accès aux études de médecine et à la profession pour les étudiants belges, alors même que le besoin de praticiens va en s'aggravant". L'organisation étudiante admet que la liberté de circulation est un principe européen important mais souligne que la situation "suscite une frustration importante pour les étudiants soumis à des processus de sélection scandaleux alors que des déserts médicaux risquent de voir le jour". Pour la Fef, le rapport du SPF Santé publique est "une nouvelle preuve de l'absurdité totale de la gestion tant fédérale que communautaire de ce dossier".Le Comité interuniversitaire des étudiants en médecine (Cium) qualifie la situation de dumping social. "Nous manquons cruellement de médecins sur le terrain, (ce qui) nous oblige à déposséder certains pays de leur propre force médicale, des médecins étrangers souvent sous-payés (et) recrutés par d'obscurs réseaux". L'Unécof, l'Union des étudiants en Communauté française, n'est, elle, pas étonnée. Les chiffres présentés ne sont "que la preuve de ce que l'on défend depuis des années: la révision des quotas Inami, calculés sur des chiffres obsolètes et qui ne tiennent pas compte des mi-temps, de la féminisation de la profession, des départs à la retraite...Et nous amènent dans cette situation absurde où l'on doit importer en masse des médecins de l'étranger alors qu'on filtre nous-mêmes nos étudiants !".Matthias Claeys, le président des Étudiants flamands en médecine (VGSO), exige une solution "urgente". Il pense notamment à instaurer de prime abord un examen linguistique, écrit et oral, car "la communication est très importante pour les patients". Il appelle également le ministre flamand de la Santé publique, Jo Vandeurzen (CD&V) à mettre en place des sous-contingents par spécialité, au lieu d'un quota général pour tous les étudiants comme c'est le cas actuellement.Catherine Fonck, députée fédérale et chef de groupe cdH, interpellera jeudi à la Chambre la ministre de la Santé sur la "politique des quotas de médecins et dentistes qui pénalisent les Belges au profit des Européens". Elle a qualifié, jeudi dans la presse, la situation de "discriminatoire". "Je ne peux que me ranger du côté de Mme Fonck", a réagi Marc Moens, qui avait déjà tiré la sonnette d'alarme en juillet. "Ce système nous dérange depuis 30 ans mais les ministres qui se sont succédé jusqu'ici ont à chaque fois rejeté nos propositions".Concrètement, le président de l'Absym plaide pour des exigences de qualité pour les médecins étrangers. L'examen linguistique pour les médecins que les États membres de l'Union européenne peuvent imposer depuis cette année aux travailleurs étrangers est, pour l'Absym, une piste de réflexion. "Il est tout de même juste que les médecins étrangers connaissent au moins la langue du pays dans lequel ils viennent travailler". La ministre de la Santé, Maggie De Block, a indiqué au journal Le Soir qu'elle s'attelait à l'instauration d'un test linguistique mais qu'un test de compétences n'était pas à l'ordre du jour. Elle a également ajouté qu'elle ne pouvait pas imposer un contingentement aux étudiants européens, en vertu de la législation de l'UE.Le président du Cium, Quentin Lamelyn, et la Fef appellent les politiques à réagir et à prendre leurs responsabilités. "Cette mascarade a suffisamment duré. Il est grand temps que chaque citoyen désireux de conserver une médecine de qualité accessible à tous prenne part à notre combat", a conclu Quentin Lamelyn.