Comment réagissez-vous à la rumeur de vente de certains actifs d'Enodia ?

La commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Publifin demandait à l'intercommunale de se débarrasser de ses activités concurrentielles. Je ne fais pas d'autres commentaires. La petite commune dont je suis le bourgmestre est actionnaire du groupe Enodia. A partir du moment où l'Association liégeoise d'électricité, puis Tecteo/Publifin/Enodia s'est développée avec l'argent des communes et de la province de Liège et que celles-ci ont accepté une forte baisse de leurs dividendes - pour Blégny, c'était trois millions d'euros en dix ans, soit plus que notre budget extraordinaire -, le moins qu'on puisse en attendre, c'est le respect. Le management a voulu se mettre au niveau des grands managers du privé, mais dans le privé, le manager qui prend des décisions sans en référer à son actionnaire est immédiatement mis à pied. Pour moi, l'argent de la vente des sociétés du secteur concurrentiel doit revenir aux communes.

Qu'en pense-t-on au PS liégeois ?

D'autres schémas remontent de l'intérieur du parti, comme une vente partielle des actifs au management. Cela poserait un énorme problème d'éthique, car il s'agit d'argent public et il y a un risque de conflit d'intérêts. Les règles de corporate gouvernance s'appliquent dans le secteur privé, mais ici, nous sommes dans le public. On ne fait pas de management buy out dans le dos des actionnaires. Or, il se passe manifestement quelque chose dans les couloirs dont nous, les actionnaires, ne sommes pas informés. Une discussion politique est à l'agenda de la fédération liégeoise du PS qui regroupe les principaux actionnaires d'Enodia. Comment et qui doit en débattre dans les prochains jours ? La décision est politique. Il faut que la fédération liégeoise du PS définisse le cadre avec la sérénité que requiert la complexité du dossier.