Le déficit devrait atteindre 6,4 milliards d'euros à l'horizon 2024 à politique inchangée. "Cela signifie que sans décisions politiques et sociales, nos pensions, nos remboursements de soins de santé, nos allocations sociales risquent d'être rabotés", souligne la FGTB.

Le cortège réunissait de nombreuses sections de la FGTB qui avait appelé à une mobilisation nationale. Des métallos anversois côtoyaient ainsi des affiliés à la branche Administration et institutions publiques de la Wallonie picarde. L'enseignement, le transport, la logistique, les aides à domicile... étaient également représentés. La mutualité socialiste et quelques collectifs, comme le "Gang des Vieux en colère" et le Réseau de lutte contre la pauvreté, ont aussi battu le pavé.

Les manifestants sont partis du boulevard Albert II près de la gare du Nord pour emprunter un tronçon de la petite ceinture. La foule a bifurqué à hauteur du boulevard Pachéco, pour passer notamment devant les sièges de la Banque nationale, du Parti socialiste, du Setca et du PTB.

Au milieu des manifestants, un timide drapeau belge tenu par un militant ABVV (FGTB) anversois. "On ne peut parler de sécurité sociale sans évoquer la solidarité. Dans ce même ordre d'idées, j'estime que le maintien de la Belgique se justifie", confie ce militant.

Lire aussi: Manifestation de la FGTB : cette si chère Sécu en danger

Le cortège poursuit son chemin vers la gare du Midi et la délégation Horeca et Alimentation (Horval) gâte ses collègues en distribuant des pommes. Un apport vitaminé bienvenu car approche, avec la fin du parcours, le temps des discours.

C'est sur l'esplanade de l'Europe que les responsables de la FGTB, la secrétaire générale Miranda Ulens et le président Robert Vertenueil, se sont adressé à leur base.

"Le rôle de l'État n'est pas de précariser la sécurité sociale mais de la soutenir", a affirmé M. Vertenueil. Tous les revenus doivent y contribuer, selon lui. Il réclame une justice sociale et fiscale à l'égard de certaines sociétés qui jouissent de nombreuses largesses. Paul Callewaert, secrétaire général flamand des mutualités socialistes, enchaîne. "La sécurité sociale est totalement creusée par un tax-shift qui a permis de faire revenir de 3 à 4 milliards d'euros à quelques entreprises."

Belga
© Belga

"On nous dit que le refinancement de la sécurité sociale est impayable. Mais c'est un choix politique", poursuit son vis-à-vis francophone Jean-Pascal Labille.

"La FGTB ne fera pas des jeunes une génération sacrifiée. Nous négocierons quand cela sera possible, mais nous agirons quand cela sera nécessaire", a averti Robert Verteneuil.

Les militants semblaient toutefois connaître le refrain puisque les interventions des leaders syndicaux peinaient à retenir les centaines d'affiliés encore présents. Nombreux sont ceux qui avaient déjà rejoint la gare du Midi ou trouvé un endroit où se restaurer.

La CGSLB et la CSC ne prenaient pas part à cette manifestation. Le syndicat libéral précisait lundi qu'il souhaitait intervenir "autrement" dans le débat sur l'avenir de la sécurité sociale.

Plutôt que de manifester, la FEB préconise de relever le taux d'emploi

La FEB ne comprend pas l'initiative. "Au lieu de manifester en rue, il me semble plus constructif de formuler des propositions politiques constructives. Si nous parvenons à relever notre taux d'emploi, nous augmentons les recettes et nous diminuons les dépenses de la sécurité sociale et nous les mettons mieux en concordance avec les performances de notre économie. Qui peut s'opposer à cette idée ?", demande l'administrateur délégué de l'organisation patronale, Pieter Timmermans, cité dans un communiqué. La FEB considère que la sécurité sociale doit être durable, par le biais d'un équilibre entre la solidarité et l'assurance.

Pieter Timmermans, Belga
Pieter Timmermans © Belga

"En 2020, cet équilibre est compromis, particulièrement pour nos pensions: les pensions légales représentent le plus gros poste (41%) des dépenses totales de la sécurité sociale. Et pourtant la contrepartie est trop faible. Le ratio de remplacement (c'est-à-dire le rapport entre la pension nette et le salaire net gagné par le travail) est particulièrement faible: 50,1%", poursuit la FEB, qui ajoute que la Belgique investit 28,9% de son PIB dans les dépenses sociales et se situe ainsi "dans le peloton de tête de l'OCDE derrière la France". Pour garantir la stabilité de la Sécu, la FEB met en avant plusieurs mesures comme la prévention des risques ou une affectation de l'enveloppe bien-être prioritairement à la lutte contre la pauvreté, en réduisant l'écart entre le seuil de pauvreté et les allocations minimums. La FEB estime aussi qu'une sécurité sociale performante "doit stimuler le 'travail' qui doit toujours être plus avantageux que 'l'inactivité'". L'organisation patronale se dit encore favorable, elle aussi, à un relèvement des pensions les plus basses, "qui doit être une priorité pour la prochaine législature". La FEB estime cependant qu'il serait bien de clarifier certains points, dont la façon de financer ce relèvement. "(...) mais il est incontestable que nos carrières doivent être allongées et non raccourcies. C'est en effet la seule manière d'obtenir une pension plus élevée", juge-t-elle. (

Le déficit devrait atteindre 6,4 milliards d'euros à l'horizon 2024 à politique inchangée. "Cela signifie que sans décisions politiques et sociales, nos pensions, nos remboursements de soins de santé, nos allocations sociales risquent d'être rabotés", souligne la FGTB. Le cortège réunissait de nombreuses sections de la FGTB qui avait appelé à une mobilisation nationale. Des métallos anversois côtoyaient ainsi des affiliés à la branche Administration et institutions publiques de la Wallonie picarde. L'enseignement, le transport, la logistique, les aides à domicile... étaient également représentés. La mutualité socialiste et quelques collectifs, comme le "Gang des Vieux en colère" et le Réseau de lutte contre la pauvreté, ont aussi battu le pavé. Les manifestants sont partis du boulevard Albert II près de la gare du Nord pour emprunter un tronçon de la petite ceinture. La foule a bifurqué à hauteur du boulevard Pachéco, pour passer notamment devant les sièges de la Banque nationale, du Parti socialiste, du Setca et du PTB. Au milieu des manifestants, un timide drapeau belge tenu par un militant ABVV (FGTB) anversois. "On ne peut parler de sécurité sociale sans évoquer la solidarité. Dans ce même ordre d'idées, j'estime que le maintien de la Belgique se justifie", confie ce militant.Lire aussi: Manifestation de la FGTB : cette si chère Sécu en danger Le cortège poursuit son chemin vers la gare du Midi et la délégation Horeca et Alimentation (Horval) gâte ses collègues en distribuant des pommes. Un apport vitaminé bienvenu car approche, avec la fin du parcours, le temps des discours. C'est sur l'esplanade de l'Europe que les responsables de la FGTB, la secrétaire générale Miranda Ulens et le président Robert Vertenueil, se sont adressé à leur base. "Le rôle de l'État n'est pas de précariser la sécurité sociale mais de la soutenir", a affirmé M. Vertenueil. Tous les revenus doivent y contribuer, selon lui. Il réclame une justice sociale et fiscale à l'égard de certaines sociétés qui jouissent de nombreuses largesses. Paul Callewaert, secrétaire général flamand des mutualités socialistes, enchaîne. "La sécurité sociale est totalement creusée par un tax-shift qui a permis de faire revenir de 3 à 4 milliards d'euros à quelques entreprises." "On nous dit que le refinancement de la sécurité sociale est impayable. Mais c'est un choix politique", poursuit son vis-à-vis francophone Jean-Pascal Labille. "La FGTB ne fera pas des jeunes une génération sacrifiée. Nous négocierons quand cela sera possible, mais nous agirons quand cela sera nécessaire", a averti Robert Verteneuil. Les militants semblaient toutefois connaître le refrain puisque les interventions des leaders syndicaux peinaient à retenir les centaines d'affiliés encore présents. Nombreux sont ceux qui avaient déjà rejoint la gare du Midi ou trouvé un endroit où se restaurer. La CGSLB et la CSC ne prenaient pas part à cette manifestation. Le syndicat libéral précisait lundi qu'il souhaitait intervenir "autrement" dans le débat sur l'avenir de la sécurité sociale.La FEB ne comprend pas l'initiative. "Au lieu de manifester en rue, il me semble plus constructif de formuler des propositions politiques constructives. Si nous parvenons à relever notre taux d'emploi, nous augmentons les recettes et nous diminuons les dépenses de la sécurité sociale et nous les mettons mieux en concordance avec les performances de notre économie. Qui peut s'opposer à cette idée ?", demande l'administrateur délégué de l'organisation patronale, Pieter Timmermans, cité dans un communiqué. La FEB considère que la sécurité sociale doit être durable, par le biais d'un équilibre entre la solidarité et l'assurance. "En 2020, cet équilibre est compromis, particulièrement pour nos pensions: les pensions légales représentent le plus gros poste (41%) des dépenses totales de la sécurité sociale. Et pourtant la contrepartie est trop faible. Le ratio de remplacement (c'est-à-dire le rapport entre la pension nette et le salaire net gagné par le travail) est particulièrement faible: 50,1%", poursuit la FEB, qui ajoute que la Belgique investit 28,9% de son PIB dans les dépenses sociales et se situe ainsi "dans le peloton de tête de l'OCDE derrière la France". Pour garantir la stabilité de la Sécu, la FEB met en avant plusieurs mesures comme la prévention des risques ou une affectation de l'enveloppe bien-être prioritairement à la lutte contre la pauvreté, en réduisant l'écart entre le seuil de pauvreté et les allocations minimums. La FEB estime aussi qu'une sécurité sociale performante "doit stimuler le 'travail' qui doit toujours être plus avantageux que 'l'inactivité'". L'organisation patronale se dit encore favorable, elle aussi, à un relèvement des pensions les plus basses, "qui doit être une priorité pour la prochaine législature". La FEB estime cependant qu'il serait bien de clarifier certains points, dont la façon de financer ce relèvement. "(...) mais il est incontestable que nos carrières doivent être allongées et non raccourcies. C'est en effet la seule manière d'obtenir une pension plus élevée", juge-t-elle. (