"Considérant que l'opposition et la majorité ont marqué leur disponibilité pour un dialogue politique inclusif", les deux parties ont convenu "de la formation du nouveau gouvernement et de sa feuille de route", selon l'accord. Les cinq chapitres de l'accord sont consacrés notamment au "dialogue politique inclusif", à "la mise en oeuvre de l'accord de paix d'Alger" et à "l'apaisement du climat social". Outre le gouvernement et les partis de la majorité présidentielle, plusieurs formations membres des deux blocs de l'opposition ont signé le document. "Notre pays est en crise. Il faut que tous ses fils se réunissent et décident de travailler ensemble sur des bases saines. C'est pourquoi nous avons signé", a déclaré, après la cérémonie de signature, Seydou Diakité, membre du Parti pour la solidarité et le Progrès (PSP, opposition). Le Parti pour la renaissance nationale (Parena) et la Convergence pour le développement du Mali (Codem), autres formations d'opposition, ont également signé l'accord. Les groupes signataires de l'accord de paix d'Alger, conclu en 2015, dont l'ex-rébellion touareg, ont aussi signé. En revanche, l'Union pour la République et la démocratie (URD, opposition), de Soumaïla Cissé, candidat à la présidentielle de 2018 et battu au second tour, face au sortant Ibrahim Boubacar Keïta n'a pas signé le document. "Il a été décidé que l'URD ne sera pas représentée dans le nouveau gouvernement, parce que l'appartenance à cette équipe allait museler l'opposition. Mais le parti prendra part au dialogue national, l'un des points de l'accord de gouvernance", a déclaré Moussa Diallo, un responsable de ce parti. Boubou Cissé a été nommé Premier ministre le 22 avril avec pour mission de former un nouveau "gouvernement de large ouverture", selon le président Ibrahim Boubacar Keïta. Le précédent Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait présenté le 18 avril la démission de son gouvernement, après une série de manifestations contre la gestion de l'Etat, accusé notamment d'être incapable d'assurer la protection des populations, alors que le Mali a connu une série d'attaques djihadistes et de troubles intercommunautaires, dont le massacre d'Ogossagou qui a fait près de 160 morts fin mars. (Belga)