Sur les six premiers mois de l'année 2018, le nombre de malades a augmenté plus rapidement qu'auparavant, malgré les mesures prises par le gouvernement. En début de législature (fin 2014), ils n'étaient encore que 71.000.

De plus en plus d'employés, d'indépendants et de demandeurs d'emploi font face à des dépressions, des burn-out, des maladies chroniques ou une forme d'invalidité.

L'activation des malades de longue durée était pourtant un des fers de lance du gouvernement Michel. Son approche sévère semble avoir fonctionné en 2016 et en 2017, années lors desquelles la croissance a ralenti.

Toutefois, le nombre de malades de longue durée a de nouveau grimpé au premier trimestre 2018 (4,9%), plus rapidement qu'en 2017 (3,7%). Les années précédentes, le pourcentage était encore de 8%. Interrogé sur la raison, la ministre de la Santé publique Maggie De Block pointe le vieillissement de la population.

Plus d'empathie

Pour les organisations de la société civile, le gouvernement a trop insisté sur la responsabilité individuelle et trop peu sur le rôle de la société. Interrogé par le quotidien De Morgen, Luc Van Gorp, président de la Mutualité chrétienne, plaide pour plus d'empathie pour les personnes concernées.

"On n'obtient rien en sanctionnant ou en harcelant ces gens. C'est bien que le gouvernement veuille aider ces personnes à retrouver du travail, mais il faut d'abord considérer cette personne comme un patient, et non comme quelqu'un qui préfère rester chez lui plutôt que travailler", déclare-t-il.

Raf De Weerdt, secrétaire fédéral au syndicat socialiste FGTB, partage cet avis. Il estime que les délais sont beaucoup trop stricts. "Les gens sont contraints trop rapidement de retourner travailler, alors qu'ils ne sont pas forcément prêts. Si vous les faites examiner trop tôt par le médecin du travail, vous allez évidemment conclure rapidement que l'employé est trop malade pour travailler pour son employeur actuel. Et souvent, il est licencié."

Selon les chiffres des syndicats CSC et FGTB, en 2018, 68% des malades de longue durée entrés dans un processus de réinsertion se sont retrouvés à la rue. "C'est une machine à licencier", déclare Herman Fonck, spécialiste du marché du travail chez ACV, au journal De Morgen.

CB/Belga

Sur les six premiers mois de l'année 2018, le nombre de malades a augmenté plus rapidement qu'auparavant, malgré les mesures prises par le gouvernement. En début de législature (fin 2014), ils n'étaient encore que 71.000.De plus en plus d'employés, d'indépendants et de demandeurs d'emploi font face à des dépressions, des burn-out, des maladies chroniques ou une forme d'invalidité.L'activation des malades de longue durée était pourtant un des fers de lance du gouvernement Michel. Son approche sévère semble avoir fonctionné en 2016 et en 2017, années lors desquelles la croissance a ralenti. Toutefois, le nombre de malades de longue durée a de nouveau grimpé au premier trimestre 2018 (4,9%), plus rapidement qu'en 2017 (3,7%). Les années précédentes, le pourcentage était encore de 8%. Interrogé sur la raison, la ministre de la Santé publique Maggie De Block pointe le vieillissement de la population.Plus d'empathiePour les organisations de la société civile, le gouvernement a trop insisté sur la responsabilité individuelle et trop peu sur le rôle de la société. Interrogé par le quotidien De Morgen, Luc Van Gorp, président de la Mutualité chrétienne, plaide pour plus d'empathie pour les personnes concernées."On n'obtient rien en sanctionnant ou en harcelant ces gens. C'est bien que le gouvernement veuille aider ces personnes à retrouver du travail, mais il faut d'abord considérer cette personne comme un patient, et non comme quelqu'un qui préfère rester chez lui plutôt que travailler", déclare-t-il. Raf De Weerdt, secrétaire fédéral au syndicat socialiste FGTB, partage cet avis. Il estime que les délais sont beaucoup trop stricts. "Les gens sont contraints trop rapidement de retourner travailler, alors qu'ils ne sont pas forcément prêts. Si vous les faites examiner trop tôt par le médecin du travail, vous allez évidemment conclure rapidement que l'employé est trop malade pour travailler pour son employeur actuel. Et souvent, il est licencié."Selon les chiffres des syndicats CSC et FGTB, en 2018, 68% des malades de longue durée entrés dans un processus de réinsertion se sont retrouvés à la rue. "C'est une machine à licencier", déclare Herman Fonck, spécialiste du marché du travail chez ACV, au journal De Morgen.CB/Belga