"On ne peut être que troublé. Il ne faut pas être naïf. Mais je ne confonds pas les Etats et certains individus, même si les groupes d'influence américains ou les oligarques russes affichent des proximités avec les gouvernements", ajoute M. Macron dans un entretien accordé à la presse régionale française. L'élection organisée du 23 au 26 mai dans les 28 pays de l'UE "est la plus importante depuis 1979 parce que l'Union est face à un risque existentiel", affirme le président français. Extrême droite europhobe, conservateurs eurosceptiques et populistes ambitionnent une percée lors de ce scrutin destiné à renouveler le Parlement européen. Des projections annonçaient 173 élus sous les couleurs de ces formations, contre 154 dans le Parlement européen actuel, issu du scrutin de 2014, sur un total de 751 sièges. "Est ennemi de l'Europe celui qui ne croit pas en son avenir. Les nationalistes qui veulent la diviser sont ses premiers ennemis", lance le président français. Et de dénoncer "une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers, dont l'objectif est le démantèlement de l'Europe", évoquant l'influence de Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, et les financements russes de "partis extrêmes". "Des lobbyistes comme M. Bannon, proches du pouvoir américain" disent souhaiter ce démantèlement, selon M. Macron. Lors d'un meeting lundi, son Premier ministre Edouard Philippe avait fustigé l'appui de Steve Bannon à Marine Le Pen, la chef de l'extrême droite française. Pour Emmanuel Macron, "les Russes et quelques autres n'ont jamais été à ce point intrusifs pour financer, aider les partis extrêmes". "On ne peut être que troublé. Il ne faut pas être naïf". "Mais je ne confonds pas les Etats et certains individus, même si les groupes d'influence américains ou les oligarques russes affichent des proximités avec les gouvernements", nuance-t-il. Sur le fond, M. Macron souhaite après les élections la tenue d'une "Convention fondatrice européenne" où "les chefs d'Etats et de gouvernement, avec le nouvel exécutif et les responsables du Parlement, avec les citoyens, prennent le temps de définir la stratégie de l'Europe pour les cinq années à venir, y compris les changements de traités". (Belga)