"En tant que prêtre, Dieu m'a donné la grâce de pouvoir sentir la paternité du corps, au sein de ma famille, et en même temps la paternité spirituelle, dans ma paroisse. J'ai fait l'expérience que ces deux choses sont complémentaires", a souligné le père Goce Kostov, prêtre de rite byzantin, accompagné de son épouse Gabriela et leurs quatre fils. "Ma famille m'aide dans le travail pastoral, dans les rapports avec les personnes, avec les jeunes, avec les enfants. Sans eux je serais beaucoup plus pauvre", a-t-il plaidé, tandis que son épouse ajoutait: "La vie nous a apporté tant de joies". La petite communauté catholique de Macédoine du nord (moins de 1% de la population) est majoritairement de rite byzantin. "Votre témoignage a ce +parfum évangélique+ des premières communautés", a commenté le pape François. Les prêtres ont pu en effet être mariés pendant des siècles, et les textes bibliques indiquent d'ailleurs que l'apôtre Pierre, dont le pape est officiellement le successeur, avait une belle-mère. L'obligation d'être célibataire pour entrer dans le clergé de l'Église catholique latine remonte seulement au XIème siècle. "Merci d'avoir manifesté le visage familier de Dieu avec nous, qui ne cesse de nous surprendre", a-t-il ajouté en guise de conclusion, interrompu par le cri d'un bébé dans la cathédrale. Les catholiques de rites orientaux admettent l'ordination comme prêtres d'hommes mariés, à condition de choisir avant le diaconat d'être marié ou célibataire. Le diaconat est souvent un premier pas vers la prêtrise, il permet de prêcher et de pratiquer certains sacrements comme le baptême. Concernant le rite romain, observé par l'immense majorité des catholiques, le pape avait insisté en janvier sur son rejet d'un telle option, malgré une chute des vocations en Europe. Mais il manie l'ambiguïté, puisqu'il envisage quelques possibilités, à l'étude, pour des endroits très reculés comme les îles du Pacifique ou l'Amazonie. (Belga)