M. Frost, conseiller sur l'UE du nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, a rencontré jeudi matin la secrétaire générale par intérim de la Commission Ilze Juhansone, ainsi que Stéphanie Riso, une des proches collaboratrices du négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Il s'était déjà entretenu la veille avec Clara Martinez Alberola, la cheffe de cabinet du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. "C'étaient des rencontres pour se présenter, comme c'est la pratique normale quand un nouveau +sherpa+ arrive à Bruxelles", a expliqué Mina Andreeva, porte-parole de la Commission. "Du point de vue de la Commission, nous avons réitéré les positions bien connues de l'UE, en ligne avec les lignes directrices" définies par les 27 dirigeants de l'Union, a ajouté Mme Andreeva. Un porte-parole de Downing Street avait indiqué mercredi que David Frost était envoyé pour réclamer "en personne" à Bruxelles "l'abolition" du "backstop" irlandais. Depuis son arrivée à la tête du gouvernement britannique, Boris Johnson martèle son opposition à ce "filet de sécurité" prévu dans l'accord de retrait conclu en novembre 2018 entre sa prédécesseur Theresa May et Bruxelles, et qui prévoit un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni. Mais l'UE estime que ce mécanisme de dernier recours est nécessaire pour prévenir d'un retour d'une frontière physique entre l'Irlande du nord et l'Irlande et refuse de rouvrir les négociations sur l'accord de retrait. Elle est en revanche prête à modifier la déclaration politique qui accompagne l'accord de retrait et porte sur la future relation entre les deux camps. Boris Johnson a une position tranchée sur le Brexit. "Le Royaume-Uni quittera l'UE le 31 octobre, quelles que soient les circonstances (...) Si nous ne parvenons pas à un accord, nous devrons évidemment quitter l'UE sans un accord", a-t-il dit. "Les contacts vont se poursuivre", a affirmé Mina Andreeva. Elle a ajouté que M. Johnson et M. Juncker auraient "l'occasion" de se voir et se parler "au plus tard" lors du G7 prévu à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, du 24 au 26 août. (Belga)