Dans le cadre de la première enquête approfondie menée des deux côtés de la ligne de front depuis que les combats ont éclaté le 4 avril, Amnesty International s'est rendue sur 33 sites de frappes aériennes et terrestres à Tripoli et aux alentours. Elle dit avoir déterré des indices de possibles crimes de guerre imputables au gouvernement d'union nationale (GUN), reconnu par les Nations unies, et à l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée, qui se livrent des combats dans la ville et aux alentours. D'après les chiffres de l'ONU, les combats des six derniers mois ont tué et blessé plus de 100 civils et ont causé le déplacement de plus de 100.000 personnes. Les frappes aériennes, les tirs de barrages et les tirs d'artillerie ont touché des habitations civiles, plusieurs centres de soins de fortune, une école et un centre de rétention pour migrants, et ont contraint l'aéroport de Mitiga, unique liaison aérienne internationale de Tripoli, à fermer. "Notre enquête de terrain révèle un mépris systématique envers le droit international, favorisé par l'approvisionnement continu des deux camps en armements, en violation de l'embargo des Nations unies sur les armes", a déclaré Donatella Rovera, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International. "De très nombreux civils sont tués et blessés, les deux camps utilisant un véritable arsenal lors d'attaques susceptibles de constituer des crimes de guerre", a déclaré Brian Castner, conseiller principal pour les situations de crise spécialisé dans les armes et les opérations militaires. (Belga)