Dans leur rapport, les ONG, chargées d'observer le respect du traité d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnel, expliquent que les gouvernements n'utilisent pratiquement plus ce type d'armes, mais soulignent que les groupes armés ont de plus en plus recours à des mines antipersonnel improvisées. Après l'entrée en vigueur du traité en 1999, le nombre annuel de victimes des mines antipersonnel en tout genre et des "restes explosifs de guerre" a peu à peu diminué, passant de près de 10.000 à moins de 3.500 en 2013. Le traité, qui compte actuellement 164 États parties, a contribué à mettre un terme à pratiquement tout emploi de mines par les gouvernements, y compris ceux qui ne l'ont pas signé. L'armée birmane a été la seule parmi les forces étatiques à utiliser de nouvelles mines l'année dernière, mais ce pays n'a pas ratifié la Convention d'Ottawa, selon le rapport. "Il est juste de dire que des dizaines de milliers (...) ont été sauvés par le traité d'interdiction des mines", a déclaré aux médias le responsable des questions d'armement à Human Rights Watch, Stephen Goose, lors de la présentation du rapport à Genève. Mais les ONG s'inquiètent de l'utilisation croissante des mines artisanales. L'an dernier, des groupes non étatiques ont recouru à cet armement dans au moins six pays: Afghanistan, Inde, Birmanie, Nigeria, Pakistan et Yémen. La raison de cette augmentation est aussi l'amélioration des données reçues. Alors que les Etats parties au Traité se réuniront du 25 au 29 novembre à Oslo, l'ONG Handicap International a appelé les pays à faire respecter le droit international humanitaire et à faire pression sur les belligérants pour qu'ils mettent fin à l'utilisation de ces armes barbares. L'Observatoire des mines a enregistré 6.897 victimes de mines en tout genre en 2018 - dont 3.789 victimes de mines artisanales - contre 3.998 en 2014. Depuis 1999, environ 70 groupes armés non étatiques ont promis de ne plus recourir à cet armement. Mais certains groupes armés continuent d'y recourir, a déploré M. Goose, citant l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, les talibans en Afghanistan et les rebelles Houthis au Yémen. (Belga)