La loi, entrée en vigueur le 1er septembre dans ce vaste État conservateur du sud, interdit d'avorter une fois que les battements de coeur de l'embryon sont perceptibles, soit après six semaines de grossesse, même en cas d'inceste ou de viol. La Cour suprême a reconnu en 1973 et confirmé en 1992 le droit des Américaines à avorter tant que le foetus n'est pas viable, soit vers 22 à 24 semaines de grossesse. Mais le Texas a imaginé un dispositif exceptionnel qui a compliqué jusqu'ici l'intervention de la justice fédérale. Sa loi confie "exclusivement" aux citoyens le soin de faire respecter cet interdit, en les encourageant à poursuivre au civil les personnes et organisations qui aident les femmes à avorter contre la promesse de 10.000 dollars de dédommagement. Saisie en urgence au moment de l'entrée en vigueur du texte, la Cour suprême s'était abritée derrière ces "questions nouvelles de procédure" pour refuser d'intervenir. Son inaction, perçue comme le signe de l'influence des trois magistrats nommés par Donald Trump, avait été vivement critiquée à gauche. La bataille judiciaire s'était ensuite intensifiée, la forçant à se saisir pleinement du dossier. Lors d'une audience, le 1er novembre, une majorité de ses juges avaient affiché leur scepticisme face au mécanisme de la loi. Finalement, "huit membres de la Cour sont d'accord pour dire" que le principe qui protège la souveraineté des 50 États, "n'empêche pas les poursuites dans les tribunaux fédéraux", selon leur décision, à laquelle seul le juge conservateur Clarence Thomas ne s'est pas associé. Le chef de la Cour, John Roberts, et les trois magistrats progressistes, ont ajouté, dans un texte distinct, souhaiter que les tribunaux bloquent rapidement cette loi "compte-tenu de ses effets sinistres et persistants". (Belga)

La loi, entrée en vigueur le 1er septembre dans ce vaste État conservateur du sud, interdit d'avorter une fois que les battements de coeur de l'embryon sont perceptibles, soit après six semaines de grossesse, même en cas d'inceste ou de viol. La Cour suprême a reconnu en 1973 et confirmé en 1992 le droit des Américaines à avorter tant que le foetus n'est pas viable, soit vers 22 à 24 semaines de grossesse. Mais le Texas a imaginé un dispositif exceptionnel qui a compliqué jusqu'ici l'intervention de la justice fédérale. Sa loi confie "exclusivement" aux citoyens le soin de faire respecter cet interdit, en les encourageant à poursuivre au civil les personnes et organisations qui aident les femmes à avorter contre la promesse de 10.000 dollars de dédommagement. Saisie en urgence au moment de l'entrée en vigueur du texte, la Cour suprême s'était abritée derrière ces "questions nouvelles de procédure" pour refuser d'intervenir. Son inaction, perçue comme le signe de l'influence des trois magistrats nommés par Donald Trump, avait été vivement critiquée à gauche. La bataille judiciaire s'était ensuite intensifiée, la forçant à se saisir pleinement du dossier. Lors d'une audience, le 1er novembre, une majorité de ses juges avaient affiché leur scepticisme face au mécanisme de la loi. Finalement, "huit membres de la Cour sont d'accord pour dire" que le principe qui protège la souveraineté des 50 États, "n'empêche pas les poursuites dans les tribunaux fédéraux", selon leur décision, à laquelle seul le juge conservateur Clarence Thomas ne s'est pas associé. Le chef de la Cour, John Roberts, et les trois magistrats progressistes, ont ajouté, dans un texte distinct, souhaiter que les tribunaux bloquent rapidement cette loi "compte-tenu de ses effets sinistres et persistants". (Belga)