Sur la période 2012-2017, seuls les trains italiens ont fait pire que les trains belges en matière de ponctualité, d'après une étude relayée par L'Echo. Selon cette comparaison entre treize pays européens, un train est à l'heure s'il y a un retard ne dépassant pas 5 minutes et 29 secondes. Ces retards sur le réseau belge ont des causes variées. Ils sont imputables à la fois à la SNCB, qui est, entre autres, responsable du matériel roulant, qu'à Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure du réseau ferroviaire. Ces deux entités ont été scindées en 2014, et leurs responsabilités respectives sont parfois sources de confusion auprès du grand public.
...

Sur la période 2012-2017, seuls les trains italiens ont fait pire que les trains belges en matière de ponctualité, d'après une étude relayée par L'Echo. Selon cette comparaison entre treize pays européens, un train est à l'heure s'il y a un retard ne dépassant pas 5 minutes et 29 secondes. Ces retards sur le réseau belge ont des causes variées. Ils sont imputables à la fois à la SNCB, qui est, entre autres, responsable du matériel roulant, qu'à Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure du réseau ferroviaire. Ces deux entités ont été scindées en 2014, et leurs responsabilités respectives sont parfois sources de confusion auprès du grand public. Selon Frédéric Sacré, porte-parole belge d'Infrabel, les conclusions de cette étude méritent d'être quelque peu nuancées. Une telle comparaison entre les réseaux ferroviaires se révèle en effet très difficile. "On ne va pas s'en cacher, la ponctualité en Belgique n'est pas bonne mais comparons des pommes avec des pommes et pas des pommes avec des poires". Il déplore notamment le fait que d'autres pays n'ont pas joué le jeu comme Infrabel l'a fait en livrant en toute transparence la totalité de ses chiffres liés à la ponctualité des trains. "Des réseaux d'infrastructure ont donné une approximation. Les chemins de fer espagnol par exemple, ont donné la ponctualité des lignes à grande vitesse uniquement. Ce sont des lignes où les trains sont plus souvent à l'heure. Autre biais dans cette comparaison : aux Pays-Bas, lors de phénomènes météorologiques extrêmes, le réseau est mis à l'arrêt beaucoup plus facilement. Quand une ligne est fermée, on arrête de calculer sa ponctualité. Alors qu'en Belgique, on essaie d'assurer le trafic d'un maximum de trains, ce qui cause évidemment du retard." Il n'y a aussi qu'en Belgique que de nombreux trains doivent passer par un goulet d'étranglement tel que l'axe Nord-Sud de Bruxelles. Un calcul interne d'Infrabel, que L'Echo avait relaté au début de cette année, révélait pourtant que les trains en Belgique accusaient en moyenne plus de retards que dans les pays voisins. Dans cette comparaison, seul le Royaume-Uni faisait pire que la Belgique même si, outre-Manche, les trains longues distances sont considérés comme ponctuels jusqu'à onze minutes de retard.Selon cette définition, 88,3% des trains belges sont arrivés à l'heure en 2017. En 2018, la ponctualité officielle des trains belges a baissé à 87,2%. Dans la réalité cependant, seuls 49,1% des trains belges ont enregistré, l'an dernier, un retard inférieur à une minute. Depuis la fin de l'an dernier, leur ponctualité repart à la hausse. Au cours des quatre premiers mois de 2019, 90,7% des trains belges n'ont pas fait (trop) attendre leurs voyageurs, informe encore L'Echo. Les causes des retards sont à 23,8% du ressort d'Infrabel. Elles sont variées mais dans 40,9 % des cas, imputables à des tiers. Sont cités : des personnes le long des voies, des vols de cuivre (315 en 2018 équivalant à 2h20 de retards cumulés chaque jour), ou encore, des incidents aux passages à niveau (388 en 2018 pour une moyenne de 1h53 de retard quotidien). Infrabel déclare ne pas avoir d'emprise directe sur ces causes à part la diffusion de campagnes de sensibilisation. "La spécificité en Belgique lorsque des personnes tierces se trouvent sur les voies est d'arrêter tous les trains en circulation aussi longtemps que le risque mortel est présent, ce qui pèse sur la ponctualité en général", nous explique Frédéric Sacré. La deuxième cause est de la responsabilité de la SNCB (dans 29% des cas), quand un train a un souci technique, par exemple. D'autres facteurs (6,3%) entrent aussi en compte comme une grève du personnel ou quand un train de marchandise est en panne. A la question de savoir si un refinancement des chemins de fer belges pourrait être la solution aux problèmes de ponctualité, Frédéric Sacré rétorque: "La vision du sous-financement du ferroviaire est simpliste, selon moi. On pourrait avoir tous les moyens du monde, mais quand on a 40,9% des retards qui sont occasionnés par des tiers, même avec des moyens financiers doublés, va-t-on réussir à changer le comportement des gens ? On investit régulièrement dans des campagnes de prévention."Un autre moyen pour éviter ces retards est d'anticiper les problèmes sur le réseau notamment grâce aux nouvelles technologies. "C'est un fait, on a moins d'argent, mais des moyens ont été investis dans une modernisation de l'outil industriel ces dernières années. On a endigué un problème grâce à la digitalisation. Si on a moins de personnel, on a évolué et on affecte mieux nos moyens. On a aujourd'hui des facilités à diagnostiquer beaucoup plus à distance des problèmes et à les anticiper. On fait de la maintenance prédictive, ce qui évite des retards."La SNCB, de son côté, investit également dans la modernisation de ses ateliers, entre autres, pour améliorer la ponctualité. "Nous investissons dans des ateliers de réparation plus efficaces. Via la télémétrie, nos techniciens connaissent la nature de la panne avant que le train n'arrive", nous explique le porte-parole de la société de chemin de fer belge.