Dans le cadre d'une mission belge en Syrie, cinq enfants mineurs et une jeune femme de 18 ans ont été remis par les autorités locales kurdes à une délégation du ministère belge des Affaires étrangères. Ces jeunes dont au moins un parent a combattu pour l'État islamique, qui séjournaient seuls dans le camp d'Al-Hol et dont quatre n'ont plus ni père ni mère, ont été rapatriés en Belgique vendredi soir.

Les parquets de Bruxelles, Liège et Hal-Vilvorde ont "pris les mesures nécessaires" les concernant, "conformément à la loi relative à la protection de la jeunesse" s'agissant des cinq mineurs, ont précisé les parquets de leur côté.

"Tous les enfants ont été encadrés psychologiquement durant l'opération. Leur état physique et psychique sera dans un premier temps pris en charge.

Il faut souligner que ces enfants ont séjourné durant une longue période en Syrie et dans des conditions difficiles. Un accompagnement postérieur à leur retour et adapté a donc été prévu", souligne le ministère public.

Ni le gouvernement fédéral ni les parquets ne souhaitent donner davantage de détails sur les mesures de protection qui ont été prises.

Tout comme Child Focus, la justice invite les médias à respecter la vie privée des enfants.

Child Focus demande de respecter la vie privée des mineurs

Cette opération intervient à la suite d'une mission conduite par la fondation Child Focus et le Délégué général aux droits de l'enfant Bernard De Vos. Selon ce dernier, le rapatriement d'un septième jeune enfant à la santé précaire "semble s'imposer" mais son retour n'a pas été confirmé par les autorités.

"Ces enfants sont victimes de la situation et ont le droit de vivre en paix leur enfance et leur adolescence, comme tout autre enfant", souligne Child Focus, qui s'inquiète de la diffusion dans les médias d'informations détaillées sur leur identité. Des règles déontologiques particulières doivent s'appliquer dans le cas de mineurs. "Ce n'est bien sûr pas dans l'intérêt de ces enfants qu'ils soient identifiables par tous, avec tous les préjugés et la possible stigmatisation."

"La nouvelle que six enfants belges détenus dans des camps de réfugiés syriens soient transférés en Belgique est extrêmement positive. Le retour de ces enfants signifie qu'après de nombreuses années d'incertitude, ils sont enfin libérés des conditions inhumaines dans lesquelles ils vivaient. Ils sont maintenant en sécurité et recevront enfin les soins, l'amour, et l'éducation nécessaires dont ils ont manqués depuis longtemps", se réjouit Child Focus.

"Les services de protection de la jeunesse s'occuperont d'eux et, avec leur famille en Belgique, feront tout ce qui est en leur pouvoir pour leur fournir les soins et l'orientation nécessaires pour qu'ils puissent construire ou reprendre leur vie ici. Il est important qu'ils puissent laisser l'horreur derrière eux et se concentrer pleinement sur leur nouvelle vie", conclut la fondation créée pour les enfants disparus et sexuellement exploités.