Il y a un an, Bird In Flight, un site de photographie russe, m'a demandé de documenter les séquelles des attentats de Bruxelles. J'ai été à Bruxelles où beaucoup de gens s'étaient réunis pour témoigner de leur compassion avec les victimes. L'atmosphère était sereine, mais non déprimante. Partout, on écrivait des slogans sur le sol, on déposait des fleurs et on allumait des bougies. Plus tard, le tapis de fleurs à la Bourse deviendrait le symbole du chagrin des victimes des attentats, mais surtout celui de l'espérance, la ...

Il y a un an, Bird In Flight, un site de photographie russe, m'a demandé de documenter les séquelles des attentats de Bruxelles. J'ai été à Bruxelles où beaucoup de gens s'étaient réunis pour témoigner de leur compassion avec les victimes. L'atmosphère était sereine, mais non déprimante. Partout, on écrivait des slogans sur le sol, on déposait des fleurs et on allumait des bougies. Plus tard, le tapis de fleurs à la Bourse deviendrait le symbole du chagrin des victimes des attentats, mais surtout celui de l'espérance, la résilience et la solidarité. Ensuite, je me suis rendu à la station de métro Maelbeek dans la Rue de la Loi. Le périmètre de sécurité avait été délimité à hauteur de l'hôtel Thon. L'image qui m'est restée, c'est celle de gens en train de dîner au restaurant du Thon, à hauteur de la zone de sécurité. Cela semblait presque surréaliste. Un dîner à côté d'une enquête médicale légale après un attentat terroriste. ***Le même jour, un an plus tard, je me trouve à nouveau sur la Place de la Bourse et dans la station de métro de Maelbeek. À l'heure de midi, beaucoup de gens viennent s'y réunir spontanément pour commémorer les événements d'il y an. Vers 15 heures, des groupes de gens partent de Molenbeek, de la gare du Nord et de la place du Luxembourg vers la place de la Bourse pour participer à la commémoration. Je marche avec eux depuis Molenbeek. Il y a beaucoup de dignitaires de la communauté islamique et juive. Tout comme il y a un an, des gens écrivent des messages de paix et d'espoir sur le sol et déposent des fleurs sur la place communale de Molenbeek et devant la Bourse. "Turn to love', 'tousensemble', 'samenéén', 'allunited", écrivent-ils. L'heure de pointe de 18 heures est passée quand j'arrive à Maelbeek. Dans la station de métro, les voyageurs entrent et sortent précipitamment, mais en passant devant le monument ils ralentissent ou s'arrêtent un instant. Je voudrais refaire la photo que j'avais prise du restaurant Thon, à côté du périmètre de sécurité. Il est étrange d'être de retour ici, mon smartphone dans une main pour regarder la photo d'il y a un an, et mon appareil dans l'autre.Sur la route du retour, je réalise que l'image est devenue habituelle : les militaires dans les rues et les endroits publics. Je repense à la photo que l'avais faite à la gare du Nord. Trois soldats devant une sandwicherie fermée dans un hall vide. Juste avant de reprendre le train pour Anvers, je photographie encore deux soldats à la Gare Centrale. Ils connaissent la photo que j'ai prise l'année dernière de leurs collègues, une présence à laquelle nous nous sommes malheureusement habitués.