Cet homme, Anthony Dufrane, est un phénomène politique. Peu de francophones, pourtant, le connaissent. Il est député wallon PS. Bien connu à Charleroi, il est plutôt discret sur le Grognon. Il est surtout une star des réseaux sociaux : une récente étude lui attribuait plus de 40 000 followers, tous profils et tous réseaux confondus. Soit une empreinte numérique pas moins de trois fois supérieure à celle d'Olivier Chastel, président du MR. Et 6 000 suiveurs de plus que le bourgmestre carolo et ministre-président wallon, Paul Magnette. Un autre Carolorégien, l'ex-député wallon Hicham Imane est, avec Dufrane, dans le top cinq des socialistes les plus populaires sur Facebook. Que des acteurs aussi peu connus coudoient là les grandes pointures, voire les dépassent, montre que les médias sociaux ont aujourd'hui une importance paradoxale dans la vie politique. Ils sont nécessaires, voire cruciaux. Mais trompeurs. Permettent-ils aussi de tromper l'électeur ? Ils nourrissent en tout cas toujours plus les stratégies collectives et personnelles, sans que leurs résultats ne soient précisément quantifiables. Voici comment.
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