Une lettre des analystes de la Sûreté datée de novembre 2017 alertait déjà la direction. Elle comportait des dizaines de solutions concrètes, dit un agent interrogé par Le Soir. "Un an et trois mois plus tard, nous constatons tous la stagnation générale sur l'ensemble des points mentionnés."

Les statuts des analystes et agents de terrains doivent être réformés, les services doivent être réorganisés en cellules spécialisées par dossier... Quant à la base de données, son dernier lifting date de 2007. "On s'épuise et on se démoralise à travailler avec cette database. Je dois attendre 5 secondes après chaque clic pour qu'un document s'ouvre."

Plusieurs projets ont été lancés pour moderniser l'institution, mais le personnel fait un constat d'échec, puisqu'aucun projet d'envergure n'a abouti concrètement.

La direction, de son côté, insiste sur les réalisations, notamment les nombreux recrutements et le bon travail du personnel, qui parvient à déjouer des attentats chaque année.

Fin janvier, le magazine Knack avait révélé les résultats d'une étude interne sur le bien-être des agents du service de renseignement. Seuls quatre agents sur 10 affirmaient vouloir rester à la Sûreté; et 90% ne se sentent pas assez impliqués dans les réformes.