"Cela nous intéressait d'avoir une vue extérieure d'universitaires et surtout de pouvoir entendre des témoignages de ces femmes", explique la bourgmestre faisant fonction de Schaerbeek Cécile Jodogne, qui a en réaction entamé un travail avec la police et des acteurs de terrain. Les chercheuses ont écouté 38 femmes majeures, dont 29 originaires du Nigeria et 8 du Ghana. Cette prostitution subsaharienne a pris son essor au début des années 2000. La majorité des Nigérianes du quartier sont originaires de l'État d'Edo, considéré comme le centre de la traite des êtres humains dans le pays. Plusieurs ont reconnu être arrivées en Europe via des réseaux et avoir remboursé leurs "dettes" aux trafiquants. Des femmes Edo de la première génération sont aussi devenues des maquerelles. Les chercheuses ont remarqué que des jeunes femmes dans les 16 à 20 ans, qui ont refusé de participer à la recherche, semblaient effrayées et étroitement surveillées. Les prostituées entendues racontent être confrontées à beaucoup de violences, surtout la nuit : vols, coups, blessures laissant des cicatrices ou imposition de rapports sans préservatifs. Étant donné leurs réticences à appeler la police faute de papiers en règle et pour certaines leur incapacité à le faire en raison de la barrière de la langue, elles espèrent un renforcement des patrouilles en rue afin d'avoir une réaction rapide en cas d'agressions. Elles parlent aussi d'attaques à caractère discriminatoire de jeunes qui restent impunies et qui développent un sentiment de "ne pas être la bienvenue", renforcé par l'impression que le quartier est laissé à l'abandon. (Belga)

"Cela nous intéressait d'avoir une vue extérieure d'universitaires et surtout de pouvoir entendre des témoignages de ces femmes", explique la bourgmestre faisant fonction de Schaerbeek Cécile Jodogne, qui a en réaction entamé un travail avec la police et des acteurs de terrain. Les chercheuses ont écouté 38 femmes majeures, dont 29 originaires du Nigeria et 8 du Ghana. Cette prostitution subsaharienne a pris son essor au début des années 2000. La majorité des Nigérianes du quartier sont originaires de l'État d'Edo, considéré comme le centre de la traite des êtres humains dans le pays. Plusieurs ont reconnu être arrivées en Europe via des réseaux et avoir remboursé leurs "dettes" aux trafiquants. Des femmes Edo de la première génération sont aussi devenues des maquerelles. Les chercheuses ont remarqué que des jeunes femmes dans les 16 à 20 ans, qui ont refusé de participer à la recherche, semblaient effrayées et étroitement surveillées. Les prostituées entendues racontent être confrontées à beaucoup de violences, surtout la nuit : vols, coups, blessures laissant des cicatrices ou imposition de rapports sans préservatifs. Étant donné leurs réticences à appeler la police faute de papiers en règle et pour certaines leur incapacité à le faire en raison de la barrière de la langue, elles espèrent un renforcement des patrouilles en rue afin d'avoir une réaction rapide en cas d'agressions. Elles parlent aussi d'attaques à caractère discriminatoire de jeunes qui restent impunies et qui développent un sentiment de "ne pas être la bienvenue", renforcé par l'impression que le quartier est laissé à l'abandon. (Belga)