Le 8 octobre, le chef de l'État a chargé le socialiste francophone et le nationaliste flamand d'"examiner les bases concrètes en vue de la formation d'un gouvernement fédéral autour de leurs partis respectifs, et ceci avec les quatre autres partis impliqués dans les discussions", soit le MR, le CD&V, l'Open Vld et le sp.a. Les deux hommes ont travaillé dans la même discrétion que leurs prédécesseurs, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), qui avaient mené une mission d'information de plus de quatre mois à la suite des élections. Depuis le 26 mai, les regards sont tournés vers le PS et la N-VA, premiers partis de leur communauté linguistique. Jusqu'à présent, aucune négociation en vue de former un nouveau gouvernement n'a commencé à proprement parler tant les positions des deux partis semblent difficilement conciliables. Et la fin de la mission de MM. Demotte et Bourgeois pourrait sonner le glas des tentatives de rapprochement. L'ex-Premier ministre et président du MR, Charles Michel, a dit son dépit lundi sur les ondes de La Première devant l'absence de négociations. "S'accrocher à son programme électoral, c'est faire preuve de manque de courage. Le courage, c'est faire preuve de créativité, d'innovation pour faire en sorte de gouverner ce pays avec une majorité parlementaire", a-t-il expliqué avant d'ajouter: "A l'inverse, il y a une forme de faiblesse, sinon de lâcheté à s'accrocher à son programme et à refuser de faire le pas intelligent vers l'autre". Le président du PS, Paul Magnette, n'a pas manqué de réagir. "Défendre son programme, respecter les engagements pris face aux électeurs, c'est l'essence même de la démocratie. Ceux qui ont causé la crise sociale et politique dans laquelle nous nous trouvons devraient être les mieux placés pour s'en souvenir", a-t-il répondu sur Twitter. (Belga)