"On entend souvent dire que les personnes précarisées ne se soucient pas de la durabilité, qu'elles essaient simplement de survivre. Ce n'est pas vrai", soulignent les contributeurs au rapport qui se trouvent en situation de pauvreté. Plus vulnérables notamment face aux pics de pollution ou aux épisodes de canicules dans des logements sociaux souvent mal ventilés, elles revendiquent leur participation au débat climatique. Et leur expertise. Leur empreinte écologique est, en effet, par nécessité, généralement inférieure à celle du citoyen moyen, pointe le rapport, issu d'une concertation d'un an et demi entre personnes en situation de pauvreté, associations, administrations et professionnels de divers secteurs. "Nous sommes très économes en eau, gaz et électricité car, si nous réduisons nos factures, cela nous laisse plus d'argent pour d'autres choses", explique une participante pour l'association ATD Quart Monde. "On a parfois l'idée que ces personnes polluent plus alors que c'est l'inverse: peut-être que leur logement n'est pas passif et qu'elles n'ont pas de citerne d'eau de pluie ou de voiture électrique, mais elles consomment moins voire pas du tout de viande et ne prennent pas l'avion", remarque Mélanie Joseph, collaboratrice au SLP. "On touche également aux droits fondamentaux: en offrant un revenu décent, on donne aussi la possibilité à cette partie de la population de faire des choix durables", poursuit-elle. En 2018, 16,4% des Belges étaient confrontés à un risque de pauvreté basé sur le revenu. En Belgique, le seuil de pauvreté s'établit à un revenu mensuel net de 1.187 euros pour une personne isolée. Or, les prestations sociales minimales n'atteignent pas ce montant; elles n'en couvrent que 92%, selon le SLP. Le Service plaide dès lors pour des mesures structurelles, dont l'impact serait évalué avant et pendant leur application, pour s'attaquer aux causes et non aux symptômes de la pauvreté. Ainsi, si 70.000 personnes faisaient appel aux banques alimentaires en 1995, elles sont 170.000 à en dépendre en 2019. "L'aide alimentaire n'est donc pas une solution durable. Il faut à la fois lutter contre le gaspillage et assurer un revenu décent", analyse Mme Joseph. Le rapport met par ailleurs en lumière l'impact social de certaines mesures en faveur du climat, comme par exemple l'interdiction des voitures les plus polluantes en ville, qui touche d'abord les personnes qui n'ont pas les moyens d'investir dans des véhicules plus propres. La numérisation de la société (disparition progressive de l'argent liquide au profit de la carte bancaire, multiplication des services en ligne...) constitue également un nouveau défi à relever dans la lutte contre la pauvreté, rappelle le rapport. "Une politique ambitieuse en matière de durabilité et de lutte contre la pauvreté exige une coopération forte sur le terrain et, surtout, entre les acteurs politiques de tous les niveaux de pouvoir", conclut Henk Van Hootegem, coordinateur du SLP. (Belga)

"On entend souvent dire que les personnes précarisées ne se soucient pas de la durabilité, qu'elles essaient simplement de survivre. Ce n'est pas vrai", soulignent les contributeurs au rapport qui se trouvent en situation de pauvreté. Plus vulnérables notamment face aux pics de pollution ou aux épisodes de canicules dans des logements sociaux souvent mal ventilés, elles revendiquent leur participation au débat climatique. Et leur expertise. Leur empreinte écologique est, en effet, par nécessité, généralement inférieure à celle du citoyen moyen, pointe le rapport, issu d'une concertation d'un an et demi entre personnes en situation de pauvreté, associations, administrations et professionnels de divers secteurs. "Nous sommes très économes en eau, gaz et électricité car, si nous réduisons nos factures, cela nous laisse plus d'argent pour d'autres choses", explique une participante pour l'association ATD Quart Monde. "On a parfois l'idée que ces personnes polluent plus alors que c'est l'inverse: peut-être que leur logement n'est pas passif et qu'elles n'ont pas de citerne d'eau de pluie ou de voiture électrique, mais elles consomment moins voire pas du tout de viande et ne prennent pas l'avion", remarque Mélanie Joseph, collaboratrice au SLP. "On touche également aux droits fondamentaux: en offrant un revenu décent, on donne aussi la possibilité à cette partie de la population de faire des choix durables", poursuit-elle. En 2018, 16,4% des Belges étaient confrontés à un risque de pauvreté basé sur le revenu. En Belgique, le seuil de pauvreté s'établit à un revenu mensuel net de 1.187 euros pour une personne isolée. Or, les prestations sociales minimales n'atteignent pas ce montant; elles n'en couvrent que 92%, selon le SLP. Le Service plaide dès lors pour des mesures structurelles, dont l'impact serait évalué avant et pendant leur application, pour s'attaquer aux causes et non aux symptômes de la pauvreté. Ainsi, si 70.000 personnes faisaient appel aux banques alimentaires en 1995, elles sont 170.000 à en dépendre en 2019. "L'aide alimentaire n'est donc pas une solution durable. Il faut à la fois lutter contre le gaspillage et assurer un revenu décent", analyse Mme Joseph. Le rapport met par ailleurs en lumière l'impact social de certaines mesures en faveur du climat, comme par exemple l'interdiction des voitures les plus polluantes en ville, qui touche d'abord les personnes qui n'ont pas les moyens d'investir dans des véhicules plus propres. La numérisation de la société (disparition progressive de l'argent liquide au profit de la carte bancaire, multiplication des services en ligne...) constitue également un nouveau défi à relever dans la lutte contre la pauvreté, rappelle le rapport. "Une politique ambitieuse en matière de durabilité et de lutte contre la pauvreté exige une coopération forte sur le terrain et, surtout, entre les acteurs politiques de tous les niveaux de pouvoir", conclut Henk Van Hootegem, coordinateur du SLP. (Belga)