Dans le contexte de la crise du Covid-19, le gouvernement fédéral avait décidé en juin 2020 qu'un Railpass gratuit serait accordé à chaque résident de Belgique dans la perspective de relancer l'économie belge et de promouvoir le chemin de fer comme transport public. Un abonnement gratuit de 12 voyages avait été prévu pour chaque habitant du pays de plus de 12 ans, utilisable pour une période de six mois avec un maximum de deux voyages par mois, et à demander avec son numéro de registre national via un formulaire en ligne. Un grand nombre de résidents de Belgique, soit 3.472.990 personnes, ont demandé à bénéficier de ce "Hello Belgium Railpass". Mais il apparaît, à l'analyse des demandes, "des différences importantes en termes de (non-)recours en fonction de la position socioéconomique", selon le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté. Ainsi, le taux de recours augmente d'environ 10 points de pourcentage lorsque le niveau d'instruction augmente. Par exemple, le taux de recours chez les personnes possédant un diplôme de l'enseignement supérieur augmente de 19 points de pourcentage par rapport à celui observable chez les personnes ne disposant pas d'un diplôme de l'enseignement secondaire. Autre constat: le nombre de demandes chez les personnes de nationalité belge est 1,5 fois plus élevé que celui des personnes qui n'ont pas la nationalité belge. En outre, le taux de recours des 20% de ménages les plus riches a été 1,3 supérieur à celui des 20% de ménages les plus pauvres. Une explication de ce taux de recours plus faible pour les personnes présentant une position socio-économique inférieure, peut être trouvée dans un certain nombre de causes, selon le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté: le fait de ne pas être au courant de l'offre, la fracture numérique (la demande devait en effet être introduite en ligne) ou le fait de ne pas considérer pertinente l'offre de Railpass (car la personne ne vit pas près d'une gare, éprouve des difficultés à s'y rendre ou a peur d'une contamination au coronavirus). "Dès lors que les personnes doivent introduire elles-mêmes une demande, il y a un risque de non-recours. A l'inverse, lorsque l'octroi est fait automatiquement, et que chaque citoyen - ou certains groupes cibles que nous pouvons identifier dans les bases de données existantes (par exemple, le droit à l'intervention majorée pour les soins de santé) - reçoit un pass automatiquement, il n'y a pratiquement aucun risque de non-recours", souligne le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté. Ce dernier se félicite que la mesure autour du Railpass ait permis une telle analyse, mais il regrette dans le même temps l'absence d'une politique systématique en la matière en Belgique. "Nous demandons donc de penser à l'éventualité d'un (non-)recours lors de l'élaboration de mesures et aux possibilités de collecter des données et de les rendre disponibles pour une analyse plus approfondie. Cette analyse permet d'évaluer la pertinence et la portée de mesures, et de prendre les dispositions nécessaires pour lutter contre le non-recours", conclut Henk Van Hootegem, coordinateur du Service interfédéral de lutte contre la pauvreté (Belga)

Dans le contexte de la crise du Covid-19, le gouvernement fédéral avait décidé en juin 2020 qu'un Railpass gratuit serait accordé à chaque résident de Belgique dans la perspective de relancer l'économie belge et de promouvoir le chemin de fer comme transport public. Un abonnement gratuit de 12 voyages avait été prévu pour chaque habitant du pays de plus de 12 ans, utilisable pour une période de six mois avec un maximum de deux voyages par mois, et à demander avec son numéro de registre national via un formulaire en ligne. Un grand nombre de résidents de Belgique, soit 3.472.990 personnes, ont demandé à bénéficier de ce "Hello Belgium Railpass". Mais il apparaît, à l'analyse des demandes, "des différences importantes en termes de (non-)recours en fonction de la position socioéconomique", selon le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté. Ainsi, le taux de recours augmente d'environ 10 points de pourcentage lorsque le niveau d'instruction augmente. Par exemple, le taux de recours chez les personnes possédant un diplôme de l'enseignement supérieur augmente de 19 points de pourcentage par rapport à celui observable chez les personnes ne disposant pas d'un diplôme de l'enseignement secondaire. Autre constat: le nombre de demandes chez les personnes de nationalité belge est 1,5 fois plus élevé que celui des personnes qui n'ont pas la nationalité belge. En outre, le taux de recours des 20% de ménages les plus riches a été 1,3 supérieur à celui des 20% de ménages les plus pauvres. Une explication de ce taux de recours plus faible pour les personnes présentant une position socio-économique inférieure, peut être trouvée dans un certain nombre de causes, selon le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté: le fait de ne pas être au courant de l'offre, la fracture numérique (la demande devait en effet être introduite en ligne) ou le fait de ne pas considérer pertinente l'offre de Railpass (car la personne ne vit pas près d'une gare, éprouve des difficultés à s'y rendre ou a peur d'une contamination au coronavirus). "Dès lors que les personnes doivent introduire elles-mêmes une demande, il y a un risque de non-recours. A l'inverse, lorsque l'octroi est fait automatiquement, et que chaque citoyen - ou certains groupes cibles que nous pouvons identifier dans les bases de données existantes (par exemple, le droit à l'intervention majorée pour les soins de santé) - reçoit un pass automatiquement, il n'y a pratiquement aucun risque de non-recours", souligne le Service interfédéral de lutte contre la pauvreté. Ce dernier se félicite que la mesure autour du Railpass ait permis une telle analyse, mais il regrette dans le même temps l'absence d'une politique systématique en la matière en Belgique. "Nous demandons donc de penser à l'éventualité d'un (non-)recours lors de l'élaboration de mesures et aux possibilités de collecter des données et de les rendre disponibles pour une analyse plus approfondie. Cette analyse permet d'évaluer la pertinence et la portée de mesures, et de prendre les dispositions nécessaires pour lutter contre le non-recours", conclut Henk Van Hootegem, coordinateur du Service interfédéral de lutte contre la pauvreté (Belga)