"Vendredi, nous débutons le travail de terrain conjoint avec les Russes. En d'autres termes, nous commençons les patrouilles", a déclaré M. Erdogan dans un discours devant le groupe parlementaire de son parti à Ankara. Aux termes d'un accord conclu la semaine dernière entre M. Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine, la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) avait jusqu'à mardi 16H00 HB pour se retirer de ses positions frontalières de la Turquie. La Turquie entend mettre en place une "zone de sécurité" d'une trentaine de kilomètres de profondeur le long de sa frontière pour séparer celle-ci des YPG, qu'elle qualifie de "terroristes" mais qui sont alliées aux pays occidentaux dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI). L'accord avec la Russie et un autre conclu quelques jours auparavant avec les Etats-Unis ont permis l'arrêt d'une offensive que la Turquie avait lancée le 9 octobre contre les forces kurdes. Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou avait affirmé mardi que le retrait des combattants kurdes était terminé. M. Erdogan a affirmé que la Turquie pourrait vérifier la réalité de ce retrait après le lancement des patrouilles conjointes avec les Russes. "La partie russe nous a déclaré que 34.000 membres de l'organisation terroriste sont sortis avec 3.260 armes lourdes de la zone de 30 km de profondeur (...) Même si les données dont nous disposons indiquent que le succès n'a pas été entier à ce sujet, nous apporterons la réponse appropriée après nos constatations sur le terrain", a-t-il dit. "Nous nous réservons le droit de reprendre notre opération si nous voyons que les terroristes ne se sont pas retirés au-delà de 30 km ou si les attaques continuent, d'où qu'elles viennent", a-t-il ajouté. (Belga)