Le 17 mai dernier, Mawda Shawri a été tuée après une course poursuite sur l'E42. Ses parents et son petit frère Mohamad ont été arrêtés et logés dans un centre à Mons avant que la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés leur trouve un appartement à Woluwe-Saint-Lambert.
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Le 17 mai dernier, Mawda Shawri a été tuée après une course poursuite sur l'E42. Ses parents et son petit frère Mohamad ont été arrêtés et logés dans un centre à Mons avant que la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés leur trouve un appartement à Woluwe-Saint-Lambert. À en croire De Morgen, les parents paraissent plus détendus et sûrs d'eux que lors d'un entretien accordé un mois après le drame. "Nous nous sentons apaisés", confient-ils alors qu'ils avaient abandonné tout espoir de régularisation. "Je pensais que la chance n'était pas de notre côté. Ainsi, nous étions déjà arrivés en Angleterre, mais nous avons été renvoyés. Et puis Mawda est décédée."Tous les samedis, un bénévole de la Plateforme citoyenne les conduit à la tombe de Mawda, raconte sa maman Amir Perhast, en pleurs dès qu'on mentionne le nom de sa fille. "Je pensais que nous ne nous relèverions jamais, mais l'organisation nous a aidés à traverser ces moments. Et sans elle, le gouvernement ne nous aurait jamais laissés rester. Cela ne nous rendra pas notre fille, mais la certitude de pouvoir être près d'elle toutes les semaines nous procure une sensation d'apaisement". Après le départ de la N-VA du gouvernement, la plateforme a en effet contacté le cabinet de Maggie De Block (Open Vld) qui a succédé à Theo Francken (N-VA) à l'Asile et la Migration. Et vendredi, les parents ont appris qu'ils bénéficieraient d'une régularisation humanitaire."Je ne lui reproche rien"Apaisé, Ali Shamdin Shawri, le papa de Mawda déclare qu'il n'en veut pas au policier qui a tiré sur la fourgonnette. "Si j'étais confronté à lui, je le respecterais. Qu'il savait ou non qu'il y avait des enfants à bord, je ne lui reproche rien. Ma haine va au conducteur de la fourgonnette. Ces trafiquants se moquent totalement du sort des réfugiés", déclare-t-il au Morgen. La reconstruction du drame n'a pas encore eu lieu, le parquet de Mons attendant l'extradition du chauffeur de la camionnette, arrêté l'été dernier en Angleterre.Comme le rappelle De Morgen, le ménage a déjà pris de gros risques dans le passé pour atteindre le Royaume-Uni, montant même dans un camion frigorifique avec leurs enfants. Aujourd'hui, ils désirent rester en Belgique. Ali aimerait devenir coiffeur et Amir coud bénévolement pour la Plateforme citoyenne. "Pour employer une expression kurde, même si on m'offrait tout le Royaume-Uni, je n'irais pas. La Belgique est le pays le plus cher à mon coeur, et pour une raison évidente : ma fille est enterrée ici", conclut la mère de la fillette tuée.