Environ 25 personnes, parmi lesquelles des réfugiés, des migrants, des sans-abri et des citoyens croyant à un mode de vie alternatif, occupent actuellement cet ancien hôtel. Ils avancent que le lieu était vide depuis pratiquement un an avant leur arrivée, en novembre 2018. "La propriétaire n'a répondu à aucune de nos sollicitations", remarque un des occupants. "Il n'y a aucun projet à l'heure actuelle. En tout cas, aucune demande de permis n'a été introduite. Si on en venait à être expulsés, des personnes en situation extrêmement précaires se retrouveraient à la rue. Ce serait donc uniquement par confort de pensée pour la propriétaire et pour laisser ce bâtiment vide encore pendant des mois voire des années." Les occupants estiment qu'il s'agit d'un abus de propriété. L'hôtel Flambeau est un des premiers lieux à avoir été ciblé par la loi anti-squat de novembre 2017, qui a considérablement accéléré la procédure d'expulsion. Une vingtaine d'associations ont signé une carte blanche. Elles remarquent que les outils pour enrayer le problème des biens inoccupés et l'augmentation des prix du marché locatif en rapport sont peu efficaces. La taxe communale n'est que peu utilisée et l'amende issue de la création d'un service régional en 2012 est inapplicable de manière systématique, faute d'un inventaire des bâtiments vides. "Tandis que la loi demeure laxiste face aux multi-propriétaires aisés, elle criminalise l'entraide et la solidarité", écrivent les associations dans un communiqué. "La loi anti-squat (...) accélère la procédure d'expulsion et menace les occupants d'un procès pénal, d'une amende et d'une peine de prison." Un recours contre cette loi a été déposé il y a un an et demi devant la Cour constitutionnelle par un ensemble d'organisations. La décision est attendue en novembre. (Belga)