Les émissions de gaz à effet de serre ont crû en moyenne d'1,5°C au cours de la dernière décennie. En 2018, elles ont atteint un nouveau record de 55,3 gigatonnes de CO2 équivalent. Les engagements climatiques pris jusqu'ici par les États en vertu de l'accord de Paris, à supposer qu'ils soient tenus, mènent la planète sur la voie d'une hausse des températures de 3,2°C. Un véritable déraillement qui ne pourra être corrigé qu'en atteignant un pic des émissions dès "maintenant" et en diminuant celles-ci drastiquement les prochaines années. "Cela se traduit par une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 2,7% par an entre 2020 et 2030 pour l'objectif de 2°C et de 7,6% par an pour l'objectif de 1,5°C", résume le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l'Environnement (Pnue). Ce document annuel, dont c'est la 10e mouture, évalue l'écart entre les efforts climatiques actuels et ceux qui devraient être faits pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris. En d'autres termes, le niveau des engagements pris jusqu'ici par les États devra approximativement être triplé pour atteindre l'objectif de 2°C et au moins quintupler pour tenir l'objectif d'1,5°C. Tout délai rendra encore plus inaccessibles les objectifs de l'accord de Paris, prévient le rapport. L'année 2020 sera décisive à cet égard puisqu'un cycle de révision à la hausse des engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre est prévu l'année prochaine, pour la COP26 à Glasgow. (Belga)