"Par leur mobilisation incroyable, les jeunes obligent aujourd'hui le monde politique à être enfin à la hauteur de l'enjeu climatique", a déclaré le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, dans un communiqué.

Selon lui, les experts demandent, eux aussi, "à juste titre", de rehausser les objectifs et d'agir dès maintenant.

"C'est pour cela que nous soutenons leur proposition de loi climat avec l'objectif initial qui y était indiqué, et regrettons que les autres partis aient déposé une version rabotée pour plaire aux libéraux. Nous redéposerons le texte avec l'objectif de diminuer les émissions de 65% (de CO2, NDLR) d'ici 2030", a ajouté le député fédéral du parti d'extrême gauche.

Avec la justice sociale

Le PTB dit aussi soutenir l'engagement pris dans l'article 3 de ce texte, qui stipule que la politique climatique doit aller de pair avec la justice sociale.

"Pour nous, il n'est pas question de faire payer la transition climatique par les travailleurs et la population à coups de taxe carbone ou de taxe kilométrique. En Belgique, 300 grandes multinationales sont responsables de 40% des émissions de CO2. C'est sur leurs épaules que doit reposer en premier lieu le coût de la transition climatique", a conclu Raoul Hedebouw.

Le PP se distancie clairement de la proposition d'Ecolo

Le Parti Populaire a annoncé lundi qu'il n'entendait "en rien s'associer à l'hystérie collective d'une partie de la classe politique et de certains décideurs concernant les questions climatiques", rejetant la proposition de "loi climat" élaborée par un collectif d'universitaires et présentée vendredi et qui a reçu, du côté francophone, le soutien d'Ecolo, du PS, du MR, du cdH et de DéFI.

"Les mesures de +décarbonisation+ de la Belgique reprises dans la proposition de loi déposée par Ecolo sont excessives et handicaperont à terme, un pays comme la Belgique en lui imposant des objectifs irréalistes et surtout impayables", a affirmé le PP dans un communiqué signé par son président Mischaël Modrikamen.

Il est, selon lui, "inacceptable qu'un gouvernement en affaires courantes et un parlement dont le mandat se termine dans trois mois, engagent la Belgique pour des décennies, et ce dans la précipitation et l'émotion".

Le PP ne s'y associera donc pas, annonce-t-il clairement.

Le PP se dit "profondément attaché à notre terre" mais ajoute qu'il veut "concentrer nos ressources sur les vrais problèmes: pollution des sols par les nitrates, plastics dans les océans, urbanisation excessive, permaculture, circuits courts de production pour éviter les gaspillages etc".

Le Parti Populaire dénonce enfin l'"instrumentalisation de notre jeunesse", initiée depuis l'étranger par le puissant lobby du changement climatique, qui réalise, selon lui 1.500 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel et dépense trois milliards de budget de public relation en utilisant les "techniques de propagande faisant appel à la peur".