Les informateurs feront un premier rapport le 12 juillet et un second rapport le 29 juillet, précise le communiqué.

Lors de la conférence de presse qui a suivi l'entretien avec le chef de l'Etat, les informateurs ont confirmé qu'ils travailleront, "quant au fond, avec les partis susceptibles de former un gouvernement fédéral, à l'élaboration d'une note qui servirait de base aux discussions futures sur la préformation".

Jusqu'ici, les discussions ont essentiellement porté sur l'état des relations entre les partis et sur les défis, budgétaires notamment, qui attendent le pays, ont-ils rappelé.

Durant les deux prochaines semaines, les informateurs auront des contacts intensifs avec les différents partis. Il s'agira dans un premier temps de contacts avec les familles politiques (socialistes, libérales, écologistes) et avec les partis susceptibles de monter dans un gouvernement fédéral qui n'ont pas de parti frère, soit le CD&V (le cdH a choisi de siéger dans l'opposition) et la N-VA. DéFI ne s'est pas montré intéressé. Le PTB et le Vlaams Belang avaient déjà été exclus des contacts, leur éventuelle candidature à une participation étant généralement rejetée par les autres formations politiques.

Dans un deuxième temps, les contacts auront lieu par rôle linguistique.

Les informateurs veulent créer de la "confiance" entre les huit partis toujours utiles pour former une coalition. Aux yeux de M. Vande Lanotte, il faudra convaincre chacun qu'il peut sortir de sa "tranchée" sans être abattu.

Durant la semaine du 15 au 22 juillet, les informateurs procèderont à la rédaction de leur note. M. Vande Lanotte sera alors à l'étranger pour une mission universitaire. Il profitera de cette mission pour rédiger la note attendue, à l'instar de M. Reynders.

Durant la dernière semaine de juillet, les informateurs procéderont à un dernier tour de consultation des différents partis politiques. Il s'agira alors de vérifier la "volonté politique" de chacun de s'engager dans une négociation gouvernementale, condition nécessaire mais pas suffisante pour former un nouvel exécutif.

Les deux informateurs ont répété les thèmes sur lesquels ils travaillaient (budget, climat, sécurité, migration, etc.). La réforme de l'Etat -et donc le confédéralisme prôné par la N-VA- n'en fait toujours pas partie. Leur objectif est de trouver une majorité simple au parlement pour soutenir un gouvernement et non une majorité des deux tiers.

Rien n'empêche toutefois qu'une majorité plus large ne se construise en dehors du gouvernement, a fait remarquer M. Vande Lanotte. Par le passé, les accords institutionnels de la Saint Michel et du Lambermont se sont ainsi construits dans un cadre beaucoup plus large que celui d'un gouvernement.

Huit partis sont toujours en lice pour former un gouvernement. Même si en Belgique, les partis sont toujours moins éloignés l'un de l'autre qu'ils ne veulent bien le dire, ils sont tout de même "relativement éloignés les uns des autres" cette fois-ci, a reconnu le socialiste flamand. "Il faudra surmonter les différences", a-t-il ajouté.

Les yeux sont rivés sur le PS et la N-VA, premières formations de leur communauté linguistique qui jusqu'à présent, ne semblent pas prêts à se parler. Les deux informateurs sont restés discrets sur les rapports entre les deux partis.

"Ne vous braquez pas sur deux partis, il y en huit", a toutefois souligné M. Vande Lanotte.

Il s'agissait lundi du troisième rapport rendu par les informateurs au Roi depuis leur désignation le 30 mai. Les deux hommes croient toujours qu'il est possible de former un gouvernement mais ne s'aventurent pas dans des pronostics.

"Sur une échelle de 1 à 10, on est à 5... avec une marge d'erreur de 5", a dit M. Reynders.

Aux plus grands de prendre l'initiative, selon le CD&V

Il appartient aux plus grands partis au parlement fédéral de prendre l'initiative d'une formation de gouvernement, estime le CD&V à l'issue de son bureau politique.

"En ce qui concerne la formation d'un gouvernement fédéral, le Bureau politique a répété le message que le CD&V a donné aux deux informateurs, à savoir qu'il appartient aux plus grands partis au parlement fédéral de prendre l'initiative d'une formation rapide d'un gouvernement fédéral", ont indiqué les démocrates-chrétiens flamands dans un communiqué.

Jusqu'à présent, le PS et la N-VA -premiers partis dans leur communauté linguistique- ne semblent pas prêts à se rencontrer. Les nationalistes veulent uniquement parler du confédéralisme avec les socialistes francophones, qui eux n'entendent pas discuter d'un tel sujet qu'ils considèrent comme l'antichambre de la scission du pays.

En ce qui concerne les négociations flamandes, le CD&V ne fait pas de commentaire. Il se contente de "prendre acte" de la décision de l'informateur flamand, Bart De Wever (N-VA), de les interrompre "et ceci en raison de la formation du gouvernement fédéral".

Dans un communiqué, la N-VA a dit constater que les consultations fédérales compliquaient les discussions en Flandre car chacun des partis consultés renvoie à la situation fédérale dont il attend qu'elle s'éclaircisse.