"Il est plus que temps de revaloriser notre profession, notre fonction, notre formation, notre plus-value, notre savoir-faire et savoir-penser. Bref, l'art infirmier dans son ensemble!", exhortent dans une lettre ouverte au ministre Frank Vandenbroucke et à ses cons?urs 147 cadres, infirmiers et infirmières en chef et en chef adjoints des blocs opératoires du pays. "La crise sanitaire a mis notre profession K.-O", explique Myriam Pietroons, présidente de l'Association francophone des infirmières de salle d'opérations (Afiso). "Lors des différentes vagues de la pandémie de Covid-19, la plupart des infirmiers spécialisés en soins péri-opératoires ont aidé leurs collègues en se rendant dans les unités de soins intensifs, dans les services d'urgence ou dans les services d'hospitalisation. De retour en salle d'opération une fois la vague passée, ils ont dû mettre les bouchées doubles afin de récupérer le temps perdu et rattraper autant que faire se peut les interventions annulées à cause de la pandémie", poursuit-elle. Au-delà des difficultés liées au contexte pandémique, la nouvelle classification des fonctions IFIC cristallise un peu plus les frustrations. "Il n'y a plus de distinction barémique entre les infirmiers brevetés, les bacheliers et les infirmiers spécialisés. (...) Cette absence de reconnaissance académique et financière n'encourage pas les professionnels à entamer une année de spécialisation alors que de nombreuses études scientifiques démontrent clairement le lien entre la diminution de la morbidité et de la mortalité des patients et le niveau élevé de formation des professionnels qui les soignent", font valoir les auteurs et autrices de la lettre ouverte. Les infirmiers et infirmières chefs de service des blocs opératoires, soutenus par leurs associations professionnelles régionales (l'Afiso et le VVOV), réclament dès lors au plus vite un échéancier pour, entre autres, élaborer un réel plan d'attractivité et de fidélisation de la profession infirmière. D'autant plus que l'Organisation mondiale de la Santé et le centre d'expertise belge (KCE) demandent d'investir urgemment dans la profession, rappellent-ils. La profession demande aussi de revoir les normes d'encadrement infirmier, ainsi que de reconnaître et revaloriser financièrement toutes les spécialisations. Enfin, elle appelle à la concertation sociale en intégrant les représentants de la profession infirmière dans les organes décisionnels. "Tout comme nos collègues des soins intensifs et des services d'urgence, nous sommes révoltés et lassés de ne pas être entendus", peut-on encore lire dans la missive. "Montrez par vos décisions que c'est un métier important et nécessaire pour notre société et la qualité des soins offerts aux patients. Il vaut la peine que l'on s'y intéresse", concluent les auteurs. La lettre ouverte a été envoyée une première fois aux ministres compétents à la mi-août mais est restée sans réponse. (Belga)

"Il est plus que temps de revaloriser notre profession, notre fonction, notre formation, notre plus-value, notre savoir-faire et savoir-penser. Bref, l'art infirmier dans son ensemble!", exhortent dans une lettre ouverte au ministre Frank Vandenbroucke et à ses cons?urs 147 cadres, infirmiers et infirmières en chef et en chef adjoints des blocs opératoires du pays. "La crise sanitaire a mis notre profession K.-O", explique Myriam Pietroons, présidente de l'Association francophone des infirmières de salle d'opérations (Afiso). "Lors des différentes vagues de la pandémie de Covid-19, la plupart des infirmiers spécialisés en soins péri-opératoires ont aidé leurs collègues en se rendant dans les unités de soins intensifs, dans les services d'urgence ou dans les services d'hospitalisation. De retour en salle d'opération une fois la vague passée, ils ont dû mettre les bouchées doubles afin de récupérer le temps perdu et rattraper autant que faire se peut les interventions annulées à cause de la pandémie", poursuit-elle. Au-delà des difficultés liées au contexte pandémique, la nouvelle classification des fonctions IFIC cristallise un peu plus les frustrations. "Il n'y a plus de distinction barémique entre les infirmiers brevetés, les bacheliers et les infirmiers spécialisés. (...) Cette absence de reconnaissance académique et financière n'encourage pas les professionnels à entamer une année de spécialisation alors que de nombreuses études scientifiques démontrent clairement le lien entre la diminution de la morbidité et de la mortalité des patients et le niveau élevé de formation des professionnels qui les soignent", font valoir les auteurs et autrices de la lettre ouverte. Les infirmiers et infirmières chefs de service des blocs opératoires, soutenus par leurs associations professionnelles régionales (l'Afiso et le VVOV), réclament dès lors au plus vite un échéancier pour, entre autres, élaborer un réel plan d'attractivité et de fidélisation de la profession infirmière. D'autant plus que l'Organisation mondiale de la Santé et le centre d'expertise belge (KCE) demandent d'investir urgemment dans la profession, rappellent-ils. La profession demande aussi de revoir les normes d'encadrement infirmier, ainsi que de reconnaître et revaloriser financièrement toutes les spécialisations. Enfin, elle appelle à la concertation sociale en intégrant les représentants de la profession infirmière dans les organes décisionnels. "Tout comme nos collègues des soins intensifs et des services d'urgence, nous sommes révoltés et lassés de ne pas être entendus", peut-on encore lire dans la missive. "Montrez par vos décisions que c'est un métier important et nécessaire pour notre société et la qualité des soins offerts aux patients. Il vaut la peine que l'on s'y intéresse", concluent les auteurs. La lettre ouverte a été envoyée une première fois aux ministres compétents à la mi-août mais est restée sans réponse. (Belga)