Ce vote, d'une grande importance symbolique quant à la perception de la présence militaire américaine dans ces îles situées à plus de 1.500 km au sud-ouest de Tokyo, n'aura cependant pas valeur légale et laisse ouverte la question de l'effet de son résultat. Les opposants au transfert de la base, dont le gouverneur d'Okinawa lui-même, Denny Tamaki, fils d'un Marine américain et d'une mère japonaise, sont majoritaires dans les sondages. Quelque 1,15 million d'électeurs sont appelés à se prononcer. Les bureaux de vote, qui ont ouvert tôt dimanche, ferment à 20h00 (11h00 GMT). La question posée est celle du transfert envisagé de la base du corps des Marines de Futenma depuis la partie densément peuplée d'Okinawa où elle se trouve vers un site isolé en partie gagné sur la mer. Les bulletins devaient initialement porter les mentions tranchées de "oui" ou "non", contrairement à la pratique fréquente au Japon consistant à pouvoir aussi dire ni oui ni non. Mais plusieurs villes proches du gouvernement central ayant menacé de boycotter le scrutin si l'on n'introduisait pas cette option, une réponse "ni l'un ni l'autre" a été ajoutée. Le référendum stipule que le gouverneur est appelé à "respecter" le résultat si celui-ci rassemble au moins un quart des inscrits, soit environ 290.000 voix. Les habitants opposés à ce déménagement souhaitent que la base quitte totalement la région d'Okinawa, arguant qu'elle supporte une part disproportionnée du fardeau militaire américain. Okinawa totalise moins de 1% de la superficie totale du Japon mais héberge plus de la moitié des quelque 47.000 militaires américains stationnés dans le pays. Pour les Etats-Unis, ces îles proches de Taïwan ont une importance stratégique en Asie. Et le gouvernement japonais de Shinzo Abe n'est pas enclin à envisager un changement. (Belga)