Le 2 avril 1996, le "plan Onkelinx" est voté au parlement de la Communauté française. Dès son annonce, quelques mois auparavant, il fait grincer des dents car il vise à opérer des coupes budgétaires importantes. L'objectif avoué est de parvenir à une économie de 5 milliards de francs belges (près de 125 millions d'euros). Pour atteindre ce but, entre autres mesures, les écoles de moins de 400 élèves doivent disparaître ou fusionner et 3.000 emplois doivent être supprimés dans l'enseignement secondaire francophone. L'annonce est vécue comme un coup de massue pour les enseignants qui, à l'issue de grèves au printemps et à l'automne 1990, avaient obtenu une augmentation salariale ayant pour effet de creuser davantage la dette de la Communauté française, sous-financée. Selon les enseignants, le plan Onkelinx met à mal les bases du secondaire rénové, d'autant plus qu'il vient s'ajouter aux coupes budgétaires qui frappent l'enseignement depuis 1989, date à laquelle la compétence est passée du fédéral aux communautés. Sans compter que l'enseignement faisait déjà l'objet de restrictions budgétaires répétées depuis la crise financière de 1973, quand la compétence était encore fédérale. Cette fois, face au plan Onkelinx, la colère s'empare non seulement des professeurs mais également des élèves qui décident eux aussi de battre le pavé avec le soutien des étudiants du supérieur, tous plaidant pour un refinancement de l'enseignement afin qu'il préserve sa qualité. Un premier jour d'action est décidé le 8 février 1996. Dès le lendemain, le front commun syndical décide de lancer un appel à la grève tournante, chaque province participant en alternance à la cessation du travail, et couvre parallèlement les actions locales plus radicales. C'est ainsi qu'au sein de nombreuses écoles secondaires, la grève est continue, et cela des semaines durant. Dans la ligne de mire des manifestants: la ministre Laurette Onkelinx et avec elle l'ensemble de son parti, le PS. La fracture est telle que Philippe Moureaux, alors bourgmestre socialiste de Molenbeek, qualifiera de "socialo-fascistes" les enseignants et élèves protestataires venus chahuter les festivités du 1er mai dans la maison des Huit Heures, fief de la CGSP, où devait se tenir le meeting du parti socialiste. Le vote du décret, le 2 avril 1996, avait déjà fait souffler un vent de découragement parmi les enseignants et les élèves. Le 31 mai 1996, au terme de plus d'une vingtaine de manifestations et près de quatre mois d'actions, enseignants et élèves n'obtiennent pas gain de cause et se rendent à l'évidence. Le "plan Onkelinx" est maintenu. La mobilisation s'essouffle et, à l'approche de la saison des examens, le doute et l'inquiétude s'emparent aussi des élèves, leurs parents et des professeurs. Toutefois, tous s'accordent à dire qu'il s'agissait là d'un mouvement sans précédent. De février à mai 1996, la plupart des élèves francophones du secondaire n'ont pas eu cours. Ces 12 semaines consécutives sans aller en classe sont historiques et en font la grève la plus longue de l'histoire de l'enseignement belge. Un record de suspension continue des cours que même la crise du coronavirus n'est pas parvenue à détrôner, jusqu'à présent. (Belga)

Le 2 avril 1996, le "plan Onkelinx" est voté au parlement de la Communauté française. Dès son annonce, quelques mois auparavant, il fait grincer des dents car il vise à opérer des coupes budgétaires importantes. L'objectif avoué est de parvenir à une économie de 5 milliards de francs belges (près de 125 millions d'euros). Pour atteindre ce but, entre autres mesures, les écoles de moins de 400 élèves doivent disparaître ou fusionner et 3.000 emplois doivent être supprimés dans l'enseignement secondaire francophone. L'annonce est vécue comme un coup de massue pour les enseignants qui, à l'issue de grèves au printemps et à l'automne 1990, avaient obtenu une augmentation salariale ayant pour effet de creuser davantage la dette de la Communauté française, sous-financée. Selon les enseignants, le plan Onkelinx met à mal les bases du secondaire rénové, d'autant plus qu'il vient s'ajouter aux coupes budgétaires qui frappent l'enseignement depuis 1989, date à laquelle la compétence est passée du fédéral aux communautés. Sans compter que l'enseignement faisait déjà l'objet de restrictions budgétaires répétées depuis la crise financière de 1973, quand la compétence était encore fédérale. Cette fois, face au plan Onkelinx, la colère s'empare non seulement des professeurs mais également des élèves qui décident eux aussi de battre le pavé avec le soutien des étudiants du supérieur, tous plaidant pour un refinancement de l'enseignement afin qu'il préserve sa qualité. Un premier jour d'action est décidé le 8 février 1996. Dès le lendemain, le front commun syndical décide de lancer un appel à la grève tournante, chaque province participant en alternance à la cessation du travail, et couvre parallèlement les actions locales plus radicales. C'est ainsi qu'au sein de nombreuses écoles secondaires, la grève est continue, et cela des semaines durant. Dans la ligne de mire des manifestants: la ministre Laurette Onkelinx et avec elle l'ensemble de son parti, le PS. La fracture est telle que Philippe Moureaux, alors bourgmestre socialiste de Molenbeek, qualifiera de "socialo-fascistes" les enseignants et élèves protestataires venus chahuter les festivités du 1er mai dans la maison des Huit Heures, fief de la CGSP, où devait se tenir le meeting du parti socialiste. Le vote du décret, le 2 avril 1996, avait déjà fait souffler un vent de découragement parmi les enseignants et les élèves. Le 31 mai 1996, au terme de plus d'une vingtaine de manifestations et près de quatre mois d'actions, enseignants et élèves n'obtiennent pas gain de cause et se rendent à l'évidence. Le "plan Onkelinx" est maintenu. La mobilisation s'essouffle et, à l'approche de la saison des examens, le doute et l'inquiétude s'emparent aussi des élèves, leurs parents et des professeurs. Toutefois, tous s'accordent à dire qu'il s'agissait là d'un mouvement sans précédent. De février à mai 1996, la plupart des élèves francophones du secondaire n'ont pas eu cours. Ces 12 semaines consécutives sans aller en classe sont historiques et en font la grève la plus longue de l'histoire de l'enseignement belge. Un record de suspension continue des cours que même la crise du coronavirus n'est pas parvenue à détrôner, jusqu'à présent. (Belga)