En plein mois d'août, alors que les établissements universitaires sont fermés, le cortège était moins dense qu'à l'accoutumée, mais les manifestants ont promis de "maintenir la pression" sur le pouvoir chaque mardi. Ils ont continué de réclamer le départ de tous les acteurs du "système" au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1962 et démenti le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, qui a récemment estimé que les "revendications fondamentales" du mouvement de contestation inédit né le 22 février avaient "été entièrement satisfaites". "Système dégage!", "Libérez les détenus d'opinion", "Algérie libre et démocratique", "le peuple veut l'indépendance", ont à nouveau scandé les étudiants, accompagnés d'enseignants et de simples citoyens, en progressant sans incidents dans les rues du centre d'Alger. Ils ont également rejeté le dialogue proposé par les autorités et conspué Karim Younes, ancien président de la Chambre basse et ex-ministre, choisi pour diriger une "Instance nationale de dialogue et de médiation", chargée de définir les modalités d'une présidentielle devant élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril. Le "Hirak" (mouvement de contestation) refuse que soit organisée la présidentielle tant que les anciens hauts cadres de la présidence Bouteflika (1999-2019) -le président par intérim Abdelkader Bensalah ou le général Gaïd Salah- sont au pouvoir. (Belga)