"La délégation cubaine (...) menée par le ministre de la Santé, José Angel Portal, ne pourra pas assister à cet événement, leur demande de visa ayant été rejetée par l'administration américaine", a dénoncé le ministère cubain des Affaires étrangères sur Twitter. Lundi, le département d'État américain a annoncé qu'il restreindrait la délivrance de visas pour les fonctionnaires cubains en charge du programme d'envoi de médecins à l'étranger. L'OPS, antenne régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), tient une réunion de son conseil de direction à Washington du 30 septembre au 4 octobre. "Une fois de plus, le gouvernement des États-Unis tente de ballonner la voix de Cuba, une mesure qui s'ajoute à la campagne destinée à rendre plus difficiles les programmes de coopération médicale de notre pays avec les autres nations", a ajouté le ministère. L'ambassade de Cuba à Washington, citée par la presse d'État, a dénoncé une "action arbitraire" par laquelle les "États-Unis violent leurs obligations comme pays hôte d'une organisation internationale". Washington accuse La Havane de trafic d'êtres humains, en soumettant les médecins cubains envoyés à l'étranger dans le cadre de la coopération médicale à de lourds prélèvements sur leurs salaires, des restrictions de mouvement et la confiscation de leurs passeports. Les États-Unis, qui appliquent un blocus économique contre Cuba depuis 1962, ont renforcé leurs sanctions contre l'île depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, après le rapprochement historique opéré par son prédécesseur Barack Obama. Elles touchent désormais le secteur du tourisme, les investissements et les importations d'essence. Washington reproche notamment à Cuba de soutenir le président vénézuélien Nicolas Maduro, principal allié de La Havane. L'envoi par Cuba de médecins à l'étranger est une tradition, mais aussi sa principale source de revenus. Plus de 600.000 médecins et personnels paramédicaux cubains ont exercé dans 160 pays depuis 55 ans, selon le gouvernement cubain. (Belga)